L’usage de la chiropratique dans le traitement de la lombalgie

La chiropratique est un type de soin médical qui se concentre sur la relation entre la structure du corps (essentiellement, la colonne vertébrale) et sa fonction. Les spécialistes de chiropratique, appelés chiropraticiens ou encore chiropracteurs, pratiquent un geste thérapeutique nommé « manipulation » (ou « ajustement »), qui constitue le cœur de leur protocole de soins. Hors des divergences d’opinions et des différentes approches au sein même de la profession, ce rapport de recherche se chargera de fournir un aperçu global de la chiropratique, d’examiner les conclusions de la recherche sur le traitement chiropratique de la lombalgie, et d’indiquer d’autres sources d’information. Les liens hypertexte sur certains termes renvoient à leur définition dans la section dédiée de ce rapport.

Points-clés

·         On fait appel à la chiropratique avant tout pour traiter les troubles musculosquelettiques, c’est-à-dire les problèmes relatifs aux muscles, aux articulations, aux os et aux tissus conjonctifs tels que les cartilages, les ligaments et les tendons.

·         Les études scientifiques sur le traitement chiropratique de la lombalgie ont été jusqu’ici inégales sur le plan de la qualité et insuffisantes pour pouvoir en tirer des conclusions solides. Néanmoins, l’idée générale est qu’en ce qui concerne les douleurs dorsales, le traitement chiropratique et les traitements médicaux conventionnels s’avèrent à peu près aussi efficaces l’un que l’autre. Il est plus délicat de tirer des conclusions sur la valeur relative de la chiropratique pour d’autres états cliniques.

·         Le risque de complications liées à l’ajustement chiropratique du bas du dos semble  très faible. Cependant, il semble plus élevé dans le cadre d’un ajustement cervical.

·         Il est important de tenir informés tous vos prestataires de soins de santé dès lors que vous suivez ou envisagez un traitement, quel qu’il soit, et cela vaut aussi pour la chiropratique. Ainsi, chaque prestataire peut s’assurer que les différentes approches d’un traitement sont compatibles.

1.      Qu’est-ce que la chiropratique ?

Le terme vient du grec cheir (la main) et praxis (la pratique), et désigne donc un soin prodigué « par la main ». Il s’agit d’une médecine alternative, et son approche du diagnostic, de la classification et du traitement des problèmes de santé est différente de celle de la médecine conventionnelle (voir encadré).

On peut décrire les concepts à la base de la chiropratique comme suit :

·         Le corps dispose d’une puissante capacité à s’auto-soigner.

·         Sa structure (essentiellement la colonne vertébrale) et sa fonction sont intimement liées, et cette relation a un impact sur la santé.

·         On a recours à la chiropratique dans le but de normaliser cette relation structure /fonction et d’assister le corps dans son processus de guérison.

2. Quand et comment la chiropratique a-t-elle été découverte puis utilisée ?

Il s’agit d’une forme de manipulation de la colonne vertébrale, constituant l’une des plus anciennes pratiques thérapeutiques ; la manipulation spinale a été décrite par Hippocrate dans la Grèce antique (1-3). La profession moderne de chiropraticien fut fondée en 1895 par Daniel David Palmer à Davenport dans l’Iowa. C’était un guérisseur autodidacte qui étudiait les philosophies médicales de son époque. Il s’aperçut de la capacité naturelle du corps à guérir, capacité contrôlée, croyait-il, par le système nerveux. Il pensait également que des subluxations, ou désalignements vertébraux (un concept qui existait alors déjà dans la tradition des rebouteux et des ostéopathes) venaient interrompre ou parasiter ce « flux nerveux ». Palmer suggéra que si un organe n’est plus ravitaillé par les impulsions nerveuses, il peut devenir malade. C’est cette ligne de pensée qui le poussa à développer une procédure destinée « ajuster » les vertèbres, les os de la colonne vertébrale, dans le but de corriger les subluxations.

Certains chiropraticiens considèrent encore la subluxation comme centrale dans le traitement chiropratique (2). Toutefois, les autres ne voient plus aujourd’hui la théorie de la subluxation comme thème universel de la bonne santé et de la maladie, ni comme base de leur pratique. D’autres théories relatives à la démarche chiropratique ont été développées.

2.      Qui a recours à la chiropratique ? Pour quels problèmes ?

En 1997, on estimait à presque 192 millions le nombre annuel de visites d’Américains chez le chiropraticien (4). Plus de 88 millions de ces visites étaient motivées par une douleur dorsale ou cervicale (5). Une étude récente montre que plus de 40% des patients recevant des soins chiropratiques sont traités pour des problèmes dorsaux ou lombaires (6). Plus de la moitié d’entre eux a dit connaître des symptômes chroniques. Parmi les problèmes couramment traités par les chiropraticiens figurent le mal de dos, et les douleurs cervicales, maux de têtes, blessures sportives et élongations à répétition. Mais d’autres problèmes poussent les patients à solliciter des soins contre la douleur, comme l’arthrite (7).

La lombalgie est une pathologie courante, qui touche chaque année jusqu’à un quart de la population. La plupart des gens fait au moins une fois dans sa vie l’expérience d’une lombalgie significative (8). Plusieurs études récentes ont montré que dans la plupart des cas, une crise aigüe se dissipe en quelques semaines, peu importe le traitement (8-10). Souvent, la cause en est inconnue, et la manière dont le mal est perçu, d’une part, et d’autre part dont il est diagnostiqué, varient du tout au tout (11), ce qui fait de son étude un vrai défi.

Dans quels cas solliciter des soins

L’AHRQ (Agency for Healthcare Research and Quality, une branche du ministère de la santé américain) a recensé 11 « messages d’alerte » qu’il revient aux médecins de déceler à l’examen d’une personne atteinte de lombalgie. Ces symptômes permettent de détecter les fractures, les infections ou même les tumeurs qui touchent la colonne vertébrale. Si l’un de ces messages accompagne votre lombalgie, consultez votre médecin au plus vite pour un examen complet :
• Un traumatisme sérieux récent, tel qu’une une chute importante, un accident de la route ou tout autre incident de cet ordre.
• Un traumatisme récent plus léger chez une personne âgée de plus de 50 ans, comme une chute de quelques marches ou une glissade avec chute sur les fesses.
• Une prise prolongée de stéroïdes par le passé ; ils sont fréquemment prescrits aux personnes souffrant d’asthme, de bronchites chroniques et de problèmes rhumatologiques.
• Tout antécédent d’ostéoporose : par exemple, une femme âgée avec des antécédents de fracture de la hanche est considérée comme sujet à risque élevé.
• L’âge : partir de 70 ans, les cancers, infections et douleurs d’origine abdominale sont plus fréquents
• Des antécédents cancéreux
• Des antécédents infectieux récents
• Une fièvre supérieure à 37,8°C
• La prise de drogues par intraveineuse : c’est un comportement à haut risque de complications infectieuses.
• Une perte de poids inexpliquée.
Face à l’une de ces alertes, une consultation aux urgences hospitalières s’impose, d’autant plus si vous ne pouvez voir votre médecin de famille dans les 24h.
• Un dysfonctionnement nerveux aigu, quel qu’il soit, doit aussi motiver une consultation immédiate. Par exemple, en cas d’incapacité de marcher ou de lever et baisser le pied au moyen de la cheville. De même pour l’incapacité de lever le gros orteil, marcher sur les talons ou se tenir sur la pointe des pieds, ce qui peut être signe d’endommagement ou de compression aigus d’un nerf. Dans certaines circonstances, il peut s’agir d’une urgence nécessitant une intervention neurochirurgicale immédiate.
• Une perte du contrôle intestinal ou vésical, comme une difficulté à déclencher ou stopper le flux urinaire, ou encore une incontinence, peut signaler une situation très préoccupante et justifie une consultation aux urgences dans les plus brefs délais.
• Si la prise du traitement prescrit ne calme pas la douleur, n’hésitez pas à vous présenter aux urgences. En général, l’intervention du médecin prescripteur qui vous suit pour ce problème permet une meilleure résolution de la situation.

Examens et analyses
Antécédents médicaux
• En raison de la multiplicité des causes potentielles du mal de dos, la personne qui vous examinera procédera à interrogatoire afin de retracer l’historique complet du mal. Si certaines questions peuvent paraître anodines, elles seront néanmoins très utiles à votre médecin pour déterminer l’origine de votre douleur.
• En premier lieu, le médecin vous posera de nombreuses questions relatives à l’apparition de votre mal : est-il survenu alors que vous souleviez un objet lourd ? La douleur fut-elle immédiate, ou s’est-elle accentuée peu à peu ? Il cherchera à connaître ce qui apaise votre douleur, ce qui l’augmente. Nombre de questions feront écho aux « messages d’alerte » évoqués plus haut. Par exemple, il vous demandera si vous avez déjà ressenti cette douleur auparavant, si elle s’accompagne de problèmes et symptômes tels qu’une toux, de la fièvre, des difficultés à uriner ou des maux de ventre. Chez une femme, il se renseignera sur d’éventuels saignements, crampes ou pertes au niveau du vagin: dans de telles situations, les douleurs pelviennes se font fréquemment ressentir dans le dos.
L’examen physique
• Afin de vous examiner au mieux, on vous demandera d’enfiler une blouse. Le praticien vous fera marcher sur les talons, la pointe et la plante des pieds pour repérer d’éventuelles lésions nerveuses. On testera vos réflexes à l’aide d’un petit marteau, généralement sur le genou et l’arrière de la cheville. Couché sur le dos, on vous fera lever une jambe puis l’autre, d’abord avec l’aide du médecin, puis sans. Cela sert à évaluer l’état des nerfs et de la force musculaire, et à déceler une éventuelle tension du nerf sciatique. On teste habituellement la sensitivité au moyen d’une aiguille, d’un trombone, d’un abaisse-langue cassé ou tout autre objet pointu, afin de déceler la moindre perte de sensation au niveau des jambes.
• En fonction de son pronostic sur l’origine de votre problème, le médecin peut ensuite procéder à un examen abdominal, pelvien ou rectal. Leur but est de vérifier si vous êtes atteint d’une maladie qui projetterait la douleur dans votre dos. Les nerfs situés au bas de la moelle épinière desservent les zones sensorielles ainsi que les muscles du rectum ; leur endommagement peut donc conduire à une incapacité de contrôler la miction et la défécation. C’est pourquoi un examen rectal est nécessaire afin de s’assurer que les nerfs ne sont pas endommagés dans cette partie du corps.
L’imagerie médicale
• Les médecins disposent de toute une batterie de tests permettant d’examiner le patient « de l’intérieur » et se faire une idée de la cause d’un mal de dos. Aucun test n’est infaillible isolément, dans la mesure où il ne peut garantir seul la présence ou non d’une maladie à 100%.
• La littérature médicale est très claire sur ce point : en l’absence de messages d’alerte, l’intérêt de l’imagerie pour un cas de mal de dos aigu est très limité. Comme, dans 90% des cas, l’état du patient s’améliore dans les 30 jours suivant l’apparition de la douleur, la plupart des spécialistes n’ordonnera pas ces tests dans le cadre de l’examen courant d’une lombalgie aigüe sans complication.
• On considère en général qu’une simple radiographie est inutile pour évaluer une douleur dorsale, surtout dans les 30 premiers jours. En l’absence de messages d’alerte, son usage n’est pas préconisé. On l’utilise davantage en cas de traumatisme important, ou même léger chez une personne de plus de 50 ans, chez les personnes atteintes d’ostéoporose et celles qui ont pris des stéroïdes de manière prolongée. Ne vous attendez donc pas à une radiographie.
• Le myélogramme est une analyse par rayons X au cours de laquelle on injecte directement dans le canal de l’épendyme un colorant réagissant à la radiographie. Son utilisation a reculé de manière significative depuis l’apparition de l’IRM. De nos jours, on associe généralement ce procédé à un tomodensitogramme, et encore, seulement dans des cas très particuliers où la chirurgie est envisagée.
• L’imagerie par résonnance magnétique (IRM) est un examen très sophistiqué, et donc très cher. Il n’utilise pas les rayons X pour produire des images, mais des aimants très puissants. Son usage courant n’est pas encouragé pour une douleur dorsale aigüe, à moins qu’il faille recourir rapidement à la chirurgie, comme c’est le cas avec le syndrome de la queue de cheval ou en présence de messages d’alerte suggérant une infection du canal de l’épendyme ou des os, une tumeur ou encore une fracture.
o L’IRM est aussi indiqué si au bout d’un mois les symptômes sont toujours là, afin d’écarter la possibilité de problèmes sous-jacents plus graves.
o Par ailleurs, l’IRM n’est pas inoffensif ; on recense une saillie des disques sur 40% des personnes non atteintes de lombalgie ayant subi un IRM. D’autres études montrent que 20% des disques fissurés repérés au cours d’une opération ne le sont pas par l’IRM.
• Le tomodensitogramme utilise les rayons X pour obtenir une coupe transversale du corps. Son utilisation est très semblable à celle de l’IRM.
Analyses neurologiques
• L’électromyogramme, ou EMG, implique la pose de minuscules aiguilles dans les muscles, afin d’en étudier les courants électriques. Son usage est surtout réservé aux cas de douleurs chroniques, pour évaluer le niveau d’endommagement des racines nerveuses. Il permet aussi au médecin de faire la différence entre l’affection d’une racine nerveuse et celle d’un muscle.

5 façons de gérer le mal de dos

Cela nous arrive à tous de temps à autres. Mais vous, que faites-vous quand la douleur apparaît ? Voici 5 manières de gérer les crises passagères de mal de dos

1) Du repos, mais pas trop
Si votre dos vous fait souffrir, reposez-vous. Restez couché, évitez de trop solliciter les muscles de votre dos pendant quelques temps. Cela ne signifie pas rester une semaine au lit : en effet, un repos trop long peut aggraver votre état. Après une petite pause, levez-vous donc, exercez-vous, étirez-vous. Vous verrez que cela aide vraiment à calmer ce mal de dos tenace.
2) Les médicaments
De nos jours, le choix de médicaments pour traiter le mal de dos est très large. Certains soulagent la douleur, réduisent l’inflammation, et décontractent les spasmes musculaires. Beaucoup sont en vente libre à la pharmacie de votre quartier. D’autres nécessitent une ordonnance du médecin
• Paracétamol (Tylenol et autres marques)
• Anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou AINS (aspirine, ibuprofène, naproxène, parmi tant d’autres)
• Inhibiteurs COX-2 sélectifs (comme le Celebrex)
3) Cryothérapie et thermothérapie
La cryothérapie permet de calmer l’inflammation, les spasmes musculaires et les douleurs. Elle est souvent recommandée directement après une entorse ou un claquage. Appliquez un objet froid sur votre dos, que ce soit des produits surgelés, des glaçons, des serviettes ou des compresses glacées, ou prenez un bain froid.
Appliquez de la chaleur sur votre dos endolori, avec une compresse chaude, un coussin chauffant sec ou humide, ou par hydrothérapie (un bain chaud). La thermothérapie réduit les spasmes musculaires, décontracte les muscles tendus, soulage la douleur, et peut vous permettre de recouvrer une motricité plus importante.
Si vous n’êtes pas sûr de savoir lequel du chaud ou du froid serait le plus adapté, une bonne règle générale à suivre : est-ce que le contact soulage votre dos ? Si vous vous sentez mieux, c’est que ça agit.
Souvenez-vous : n’appliquez jamais la cryothérapie et la thermothérapie à même la peau. Enveloppez-vous d’abord d’une serviette.

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4) Le massage
C’est une théorie populaire qui libère les muscles des tensions, spasmes, inflammations, maux, raideurs et douleurs. Elle favorise aussi une meilleure circulation, la souplesse et la mobilité. Le massage peut être fait par un professionnel (le massothérapeute), ou vous pouvez vous-même vous administrer un mini-massage grâce à des petits masseurs manuels ; ils vous permettront d’augmenter l’afflux sanguin et de soulager la douleur.
5) Consultez votre médecin
Surtout, souvenez-vous à propos des crises périodiques de douleurs dorsales : si elles sont de plus en plus fréquentes, durent de plus en plus longtemps (plus de quelques jours), si la douleur parasite vos activités habituelles, c’est le moment de consulter. Cela pourrait être plus qu’une simple petite élongation.
La bonne nouvelle, c’est que dans la plupart des cas ces maux pourront être traités avec des méthodes non chirurgicales. Un problème de dos non soigné peut empirer et entraîner sur votre santé de lourdes conséquences.

Des exercices pour optimiser les résultats sur les douleurs du bas du dos

Depuis des décennies, il est recommandé de faire de l’exercice pour traiter une douleur vive dans le bas du dos. Le terme « exercice » est assez large et regroupe l’aérobic et le fitness cardiovasculaire, ainsi que des exercices de souplesse et de renforcement musculaire. Il va de soi de recommander aux patients souffrant de douleurs vives dans le bas du dos de retrouver la forme autant que possible.

Scientifiquement Prouvé
Comment y parvenir? C’est une autre question, sur laquelle la littérature scientifique est partagée. Selon Cady et al, les pompiers avec une moins bonne forme physique que les autres souffrent plus souvent de douleurs dans le bas du dos. Malheureusement, ceux-ci sont également plus vieux. De plus, l’étude ne s’est pas intéressée aux douleurs dans le bas du dos survenues auparavant.

Une étude suivie a montré qu’il était plus coûteux de traiter les pompiers en moins bonne forme, suggérant ainsi les avantages du fitness aérobique. Ce sport peut améliorer le flux sanguin et l’oxygénation des tissus, parmi lesquels les muscles, les os et les ligaments de la colonne.

Des exercices d’aérobique peuvent également diminuer l’impact psychologique d’une douleur dans le bas du dos car ils améliorent l’humeur, atténuent la dépression et favorisent la tolérance à la douleur. En théorie, des exercices d’aérobique peuvent favoriser la capacité du corps à briser les tissus cicatriciels par un activateur du plasminogène des tissus. Faire du fitness aérobique est un objectif raisonnable, en complément d’un programme d’exercices actifs qui se concentre sur la restauration d’une mobilité lombo-sacrée normale, le renforcement du tronc et des mécanismes corporels appropriés. Un programme d’aérobique seul serait trop simpliste, insuffisant pour être bénéfique à la plupart des patients et susceptible d’être à l’origine de douleurs.

Il vaut mieux éviter le déconditionnement en évitant l’alitement et l’immobilisation. Les patients relativement déconditionnés devraient pratiquer des exercices d’aérobique de base incluant un réchauffement approprié, un refroidissement et une évaluation de l’intensité ciblée des exercices grâce au rythme cardiaque et à l’estimation de l’effort perçu.

Le Renforcement

La littérature scientifique est partagée au sujet de l’efficacité des exercices de renforcement dans le traitement des douleurs vives dans le bas du dos. C’est en partie dû au mauvais plan d’étude, à la difficulté de trouver un échantillonage aléatoire et au manque de diagnostics spécifiques dans la plupart des études.

Il y a également eu des débats sur le mérite des exercices de flexion-extension pour le traitement de divers problèmes de bas du dos. Certaines études ont montré que les exercices de flexion aidaient les patients atteints de dysfonctionnements des éléments postérieurs, tels que la spondylosis et la spondylolistesis. D’autres ont montré l’efficacité d’un programme basé sur l’extension chez les patients souffrant de lombalgies d’origine discale. Les exercices unidirectionnels sont trop simplistes pour répondre aux multiples changements physiopathologiques qui apparaissent lors d’épisodes de douleurs dans le bas du dos, vives ou récurrentes.

La Méthode McKenzie

L’approche McKenzie des pathologies discales ne s’intéresse ni à la flexion ni à l’extension mais à la centralisation de la douleur. Le programme McKenzie n’est entamé qu’après une évaluation complète dans laquelle sont découvertes les positions qui centralisent la douleur. L’objectif global de ce programme complet d’exercices est de réduire la douleur, de développer le soutien musculaire du tronc et de la colonne et de diminuer le stress accumulé dans les disques intervertébraux et autres stabiliseurs statiques de la colonne.

Les séances thérapeutiques doivent être activement dirigées et limitées à un nombre qui garantit que le patient comprend le concept du programme entier, pratique les exercices avec une bonne technique et peut les effectuer de manière indépendante chez lui. De plus, un entraînement spécifique doit être intégré afin qu’on apprenne aux patients à maintenir une colonne neutre et un soutien musculaire dynamique de la colonne dans toutes les activités de leur vie quotidienne, au travail et dans leurs loisirs. Les personnes ne connaissant pas d’amélioration au bout de six séances devront être ré-évaluées et le thérapeute devra revoir leur plan de traitement. Le succès de ces programmes complets est à présent bien documenté.

5 conseils simples pour prévenir le mal de dos

Nous sommes tous touchés au moins une fois. Il existe cependant des moyens de l’empêcher d’apparaître trop souvent ou de devenir trop sérieux. Voici 5 moyens majeurs de prévenir le mal de dos :

1) Ne pas rester inactif, faire de l’exercice
La chose la plus importante que vous pouvez faire pour la bonne santé de votre colonne vertébrale et le reste de votre corps, c’est de l’exercice. D’abord, réfléchissez à une activité que vous aimez, ensuite, pratiquez-la ! Il faudrait se fixer un objectif d’au moins 30 minutes quotidiennes d’exercice (autant que possible). Quelle que soit votre activité, assurez-vous qu’elle accélère un minimum votre respiration ; c’est bon pour la circulation. Incluez aussi des exercices musculaires, afin que les muscles restent sains et forts. Marche, jogging, vélo, nage, les exemples sont nombreux ; même le jardinage peut être considéré comme de l’exercice s’il est effectué avec ardeur !
2) Se rendre chez le médecin
Il est très important de faire des bilans de santé réguliers, quel que soit votre âge. Prévoyez de consulter votre médecin au moins une fois par an pour vous assurer que tous vos systèmes naturels fonctionnent sans problème. Et si vous souffrez du dos et avez l’impression ne pas connaître le moindre soulagement, il est vraiment temps d’aller consulter. Il existe aujourd’hui assez de solutions de traitement pour que vous n’ayez pas à vivre avec le mal de dos.
3) Perdre du poids
On estime que plus de la moitié des Américains sont en surpoids. Il faut savoir que l’obésité favorise les maladies cardiaques, le diabète, l’augmentation de la pression sanguine, le cancer, et le mal de dos. Si la colonne vertébrale est conçue pour supporter et répartir le poids du corps, un poids excessif peut l’éprouver, pour finir par l’épuiser.
Soulagez votre colonne, perdez ces kilos indésirables et superflus. Vous ne savez pas comment faire ? Parlez-en à votre médecin. Il vous aidera à trouver le meilleur programme de perte de poids et d’exercice.
4) Bien se tenir
Peut-être pensez-vous qu’un dos voûté détend les muscles. En fait, cela les fait travailler encore plus. Une bonne posture, c’est-à-dire se tenir, debout comme assis, dans une position équilibrée et neutre, est la meilleure façon de ne pas imposer à votre colonne vertébrale un effort démesuré.
5) Favoriser un repos correct
Le sommeil est une source d’énergie essentielle à l’organisme, et l’endroit où on dort peut faire toute la différence. Si vous éprouvez des troubles du sommeil, si vous vous réveillez le matin plus fatigué que la veille au soir, peut-être est-il temps de reconsidérer l’endroit où vous dormez, et la façon dont vous vous reposez. Un bon matelas permet de maintenir le même alignement vertébral naturel que la posture debout. En permettant à votre corps de se reposer dans ses conditions naturelles, vous offrez à vos muscles un véritable relâchement et le sommeil n’en est que plus réparateur.
Même si vous ne pourrez peut-être pas éviter quelques douleurs dorsales occasionnelles, prendre soin de votre dos préservera votre forme physique!

Gérer la douleur ?

Le saviez-vous ? Plus de 86 millions d’Américains souffrent de douleurs. Et plus de 80% connaitront au moins un épisode de mal de dos au cours de leur vie. C’est un mal répandu, et l’une des premières raisons poussant à solliciter des soins médicaux. Nombreuses sont les causes : un effort violent, la sténose spinale, ou encore de l’arthrose… Comment traiter la douleur ? Que se passe-t-il si elle ne se dissipe pas ? Voici quelques informations sur la gestion de la douleur ; au sommaire :
• Les différents types de douleur
• Le rôle du spécialiste de la gestion de la douleur
• Le diagnostic : déterminer les causes du mal
• Les traitements
• Contrôler la douleur pour vivre mieux
Les différents types de douleur
On différencie généralement douleur aigüe et chronique. Voir ci-dessous pour des définitions plus détaillées et des exemples.
Une douleur aigüe apparaît de manière soudaine ; elle est souvent décrite comme vive. C’est une sorte de signal envoyé par le corps pour dire que quelque chose ne va pas. Dans la plupart des cas, une douleur aigüe est vite résorbée, même si, par définition, elle peut durer de 3 à 6 mois. On peut généralement prévoir les tendances du rétablissement, ce qui facilite le développement d’un programme de soins. Les spécialistes ont compris l’importance du contrôle d’une douleur aigüe afin de l’empêcher de devenir chronique. Parmi les causes, on compte :
• Les fractures osseuses (touchant la colonne vertébrale)
• Les brûlures, les coupures
• Certaines maladies
• Une intervention dentaire
• Le travail de l’accouchement
• Un endommagement des tissus mous, comme un traumatisme cervical
• La douleur chirurgicale (postopératoire)
Une douleur est chronique lorsqu’elle dure plus de 6 mois, qu’elle est continuelle et éventuellement sévère. C’est la douleur la plus difficilement soignable. Une approche multidisciplinaire, impliquant plusieurs spécialistes pour des traitements séparés ou combinés, est devenue la norme. Ces spécialistes peuvent être des psychiatres ou encore des anesthésistes.
Les symptômes sont à la fois physiques et émotionnels ; dans la première catégorie, on recense des contractions musculaires, une perte de la mobilité, un manque d’énergie et d’appétit. Les symptômes émotionnels peuvent être tout aussi dévastateurs, et aller jusqu’à la dépression, l’irritabilité et l’anxiété. Parmi les causes, citons :
• L’arthrite (et l’arthrose)
• Le cancer
• Une dégénérescence des disques vertébraux, ou d’autres problèmes de la colonne vertébrale
• Un dysfonctionnement nerveux (avec ou sans endommagement des nerfs)
• Un dommage sur un tissu mou, comme un traumatisme occasionné par une chute ou un accident de la circulation
• Une affection ou blessure sans cause somatique apparente (on parle de douleur psychogénique)
De nombreuses sortes de douleurs existent, que l’on peut qualifier d’aigües ou de chroniques ; notamment :
La douleur myofasciale, causée par des points gâchettes douloureux qui la propagent dans un muscle ou un groupe de muscles. Un point gâchette est une zone localement sensible et vulnérable au sein d’un muscle ou au point de rencontre d’un muscle et d’un fascia (le tissu qui enveloppe le muscle comme une bande). La douleur myofasciale peut provoquer une « douleur projetée » : lorsqu’un point gâchette est touché, la douleur peut se faire sentir dans une autre région du corps. Elle peut être chronique ; on décrit la douleur comme tenace, brûlante, vive, telle un coup de couteau.
La douleur psychogénique : il s’agit d’une douleur physique bien réelle provoquée par un problème psychologique ; elle naît donc d’un désordre mental ou émotionnel.
La douleur radiculaire, ou radiculite, est due à l’inflammation de la racine d’un nerf spinal. On parle de « radiculite cervicale » ou de « radiculite lombaire » pour des douleurs partant respectivement d’un nerf cervical (dans le cou) ou lombaire (au bas du dos). Le terme sciatique est largement employé pour décrire une douleur descendant dans la jambe. D’autres troubles peuvent causer la compression d’un nerf spinal, une inflammation et être sources de douleur. Une tumeur ou un kyste de la colonne, une hernie discale, une sténose spinale ou une arthrose peuvent provoquer une radiculite.
La douleur somatique est provoquée par un dommage corporel ou tout autre événement qui affecte les récepteurs nerveux présents sur la peau, les ligaments, les muscles, les os ou les articulations. Elle peut être chronique et accompagne parfois un cancer.
La douleur viscérale est le fruit de l’endommagement ou la blessure d’organes internes.
Le rôle du spécialiste de la gestion de la douleur
Ces spécialistes se préoccupent des capacités fonctionnelles du patient et de sa qualité de vie. Si la douleur est chronique ou compliquée par un autre problème médical, le médecin généraliste dirigera le patient vers à un spécialiste de la douleur, un psychiatre par exemple, qui est un spécialiste de la médecine et de la réhabilitation physiques, et notamment des problèmes musculosquelettiques. Certains ont une formation poussée de l’approche interventionnelle de la douleur, une branche de la médecine dédiée au diagnostique et au traitement des troubles liés à la douleur.
Le spécialiste de la gestion de la douleur a pour tâche de développer un programme de soins destiné à soulager, réduire ou gérer la douleur et aider les patients à un retour rapide aux activités quotidiennes sans recours à la chirurgie ou à un traitement lourd. Afin de s’assurer de bien répondre à tous les besoins du patient, le spécialiste se charge de coordonner les soins au sein d’une équipe interdisciplinaire de professionnels de santé comprenant :
• Des physiatres
• Des anesthésistes
• Des internistes
• Des oncologues
• Des spécialistes de la chirurgie
• Des psychiatres
• Des psychologues
• Des infirmières
• Des ergothérapeutes
• Des physiothérapeutes
En tant que médecin concerné par la qualité de vie générale de son patient, le spécialiste de gestion de la douleur soigne la personne dans sa globalité et non une partie du corps isolée.
Le diagnostic : déterminer les causes du mal
Avant de pouvoir soigner le mal du patient, il faut en comprendre la cause. Parfois, elle est évidente, comme en cas de fracture spinale. En cas de douleurs chroniques, la ou les cause(s) peuvent être insaisissables et rendre le diagnostic difficile. Le praticien se base alors sur le dossier médical du patient et ses analyses physiques et neurologiques. Des outils additionnels permettent de confirmer ou de réfuter un diagnostic hasardeux.
Le dossier médical détaillé
Il s’agit d’une conversation en profondeur entre médecin et patient au sujet du problème actuel de ce dernier, et de ses antécédents médicaux. Le médecin cherchera à savoir quand et comment est apparue la douleur, comment la décrit le patient, quelles activités l’augmentent ou la calment, quels traitements sont ou ont été mis en œuvre.
L’examen physique et neurologique
Un examen physique évalue les signes vitaux du patient : pouls, respiration, battements cardiaques, pression sanguine, etc. Un examen neurologique vise à évaluer les capacités sensorielles et motrices du patient : réflexes, équilibre, capacité de marcher, force et tonus musculaire.
Une radiographie est couramment passée afin de révéler la condition de la structure osseuse ; en fonction des résultats, d’autres tests peuvent s’avérer nécessaires.
Le scanner est une technique d’imagerie en 3 dimensions qui sert également à évaluer l’état des os et des tissus mous. Chaque image anatomique détaillée s’apparente à une vue ou coupe de la zone du corps en question.
L’IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) est un outil puissant ; on l’utilise en général pour évaluer l’appareil musculosquelettique, car il fournit beaucoup de détails sur les muscles et les tissus mous.
La tomographie par émission de positrons (TEP) utilise des radionucléides (des isotopes radioactifs) en petite quantité pour mesurer les changements dans les tissus au niveau cellulaire. On a recours à ce test en cas de suspections de cancer.
La discographie permet au médecin d’évaluer les disques intervertébraux (isolément ou par groupes) en tant que source potentielle de la douleur. Ce test évalue l’intégrité structurelle des disques et peut être utilisé pour obtenir une image d’une douleur au dos ou à la jambe. La procédure requiert l’injection d’un colorant dans chaque disque suspect afin que celui-ci puisse être examiné au rayon X ou au scanner.
Les outils d’électrodiagnostic incluent l’ECN (étude de la conduction nerveuse) et l’EMG (électromyographie)
L’ECN évalue la vitesse des impulsions nerveuses alors qu’elles parcourent un nerf. Ce test contribue à déterminer la présence de dégâts sur les nerfs, l’étendue de ces dégâts et si des nerfs ont été détruits.
L’EMG utilise la stimulation nerveuse pour évaluer l’activité électrique au sein des fibres musculaires sélectionnées. Ce test évalue la réaction des muscles et détecte les éventuels dégâts et maladies musculaires, ce qui peut être utile pour distinguer un problème musculaire d’un trouble nerveux.
Les deux tests sont généralement pratiqués ensemble, même si un ECN peut être accompli sans EMG.
Les traitements
La plupart des cas de douleur dorsale ou cervicale aigüe sont guérissables, on en identifie la cause et un programme de soins est mis en place. On arrive généralement à réduire la douleur ou même à l’éliminer complètement. Ce n’est pas aussi simple pour les douleurs chroniques, qu’il faut bien souvent apprendre à gérer avec le temps ; la difficulté à en déterminer les raisons en est la cause. Le programme thérapeutique peut réclamer des soins multiples et/ou combinés. La complexité d’une douleur chronique peut impliquer une plus longue période de rétablissement pour le patient. Au nombre des diverses thérapies à partir desquelles créer un programme de soins, on trouve :
La modification d’activité
C’est l’un des premiers principes qui interviennent dans le traitement suggéré au patient ; l’idée est de limiter les activités qui intensifient le trouble existant.
Les médicaments
Certains ne se contentent pas de soulager la douleur, mais réduisent aussi l’inflammation et participent au relâchement des spasmes musculaires. On peut en trouver beaucoup dans n’importe quelle pharmacie ; citons :
• Le paracétamol (le Tylenol*, parmi d’autres marques)
• Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) comme l’aspirine, l’ibuprofène, le naproxène, etc.
• Les coxibs ou inhibiteurs COX-2 sélectifs (seulement disponibles sur ordonnance) comme le Celebrex
• Les relaxants musculaires (Flexeril et autres, uniquement sur ordonnance)
• Les antidépresseurs (Cymbalta, Wellbutrin, Zoloft ; uniquement sur ordonnance)
• Les anticonvulsivants (Neurontin, Tegretol, Topamax ; uniquement sur ordonnance)
La thérapie physique
Elle combine les modes de traitement passifs et l’exercice physique thérapeutique. Quelques exemples de traitements passifs administrés au patient :
• La thermothérapie/cryothérapie
• Le massage (du tissu profond, suédois, neuromusculaire, etc.)
• La traction mécanique
• La neurostimulation électrique transcutanée (TENS)
Autres traitements non-chirurgicaux :
La chiropratique se base sur la conception selon laquelle un mauvais alignement des éléments de la colonne vertébrale peut provoquer maladie et douleur dorsale. Le traitement peut inclure l’usage de rayons X ; il s’agit d’un traitement non médicamenteux mettant en œuvre une manipulation manuelle du corps, et qui peut soulager la douleur myofasciale.
La médecine complémentaire ou alternative englobe de nombreuses sortes de traitements holistiques comme l’acupuncture, l’acupressure, les massages suédois et du tissu profond (entre autres), la rétroaction biologique et la phytothérapie.

Le traitement chirurgical de la douleur cervicale

La plupart des patients réagit positivement aux traitements non chirurgicaux (les traitements médicamenteux par exemple), on a donc rarement recours à une opération sur la colonne cervicale : elle n’est nécessaire que dans 5% des cas. Toutefois, il y a des situations où la chirurgie sera préférable :
• Lorsqu’un traitement non chirurgical s’avère inefficace : si après avoir essayé la chiropratique, la thérapie physique, la médication, le massage, les exercices physiques et d’autres méthodes encore, la douleur est toujours présente.
• Lorsque vous connaissez des symptômes neurologiques évolutifs attaquant les bras et les jambes : engourdissements, picotements, faiblesses.
• Lorsque vous connaissez des troubles de l’équilibre ou de la marche.
• Lorsque, cela mis à part, vous êtes en bonne santé.
En général, on fait appel à la chirurgie dans les cas de maladie discale dégénérative, de traumatisme ou d’instabilité vertébrale, car ces troubles imposent une pression sur la moelle épinière ou les terminaisons nerveuses de la colonne vertébrale. La chirurgie peut atténuer cette pression : on parle de décompression.
En soulageant la pression exercée sur la moelle épinière ou d’autres nerfs, on soulage douleur, engourdissements, picotements et faiblesses. La chirurgie cervicale peut avoir d’autres objectifs, comme ceux de restituer aux nerfs leur bon fonctionnement et/ou de prévenir une mobilité vertébrale anormale.
Deux techniques sont typiquement utilisées dans le cadre de la chirurgie cervicale :
• La décompression, consistant à retirer les tissus qui font pression sur une structure nerveuse
• La stabilisation, destinée à limiter le mouvement intervertébral.
La chirurgie cervicale décompressive
Différents types de chirurgie permettent de retirer un tissu qui exerce une pression sur un nerf cervical :
• La facettectomie : les facettes sont les articulations de la colonne vertébrale, celles qui vous permettent de vous mouvoir. Toutefois, elles peuvent parfois compresser un nerf. « -ectomie » signifie « ablation de » ; une facettectomie est donc l’ablation d’une facette destinée à réduire cette compression.
• La foraminotomie : si une partie du disque ou une excroissance osseuse (ostéophyte) compresse un nerf qui part de la vertèbre (par un passage appelé foramen), la foraminotomie (« -otomie » : « créer une ouverture ») élargit l’ouverture du foramen afin que le nerve puisse passer sans être compressé.
• La laminectomie : à l’arrière de chaque vertèbre, une plaque osseuse est là pour protéger le canal rachidien et la moelle épinière, ce sont les lames. Si elles appuient sur la moelle épinière, le chirurgien dégagera de l’espace pour cette dernière en retirant tout ou une partie de la lame.
• La laminoplastie : la plaque osseuse protégeant le canal rachidien et la moelle peut avoir besoin d’être modifiée afin de laisser plus de place à votre moelle épinière. « -plastie » implique l’idée de remodelage : on redessine la forme de la lame pour l’empêcher de faire appui sur la moelle épinière.
• La laminotomie : comme la foraminotomie, la laminotomie sert à agrandir un passage, cette fois au niveau de votre lame, si celle-ci compresse un nerf.
Toutes les techniques de décompression ci-dessus sont effectuées depuis l’arrière de la colonne (approche postérieure). Mais il arrive que le chirurgien doive opérer à partir de l’avant de la colonne (approche antérieure). Par exemple, un disque saillant ou hernié sortant vers le canal rachidien ne peut pas toujours être retiré par l’arrière, car c’est là que passe la moelle. Dans ce cas, le processus de décompression est généralement effectué par l’avant de la colonne (approche antérieure). Les principales techniques de décompression antérieure sont :
• La discesctomie : si un disque est saillant ou hernié, il peut compresser un nerf ; le chirurgien retire alors tout ou une partie du disque.
• La corpectomie : de temps à autres, c’est tout le corps vertébral qu’il faut retirer, car il arrive que de la substance discale aille se loger entre le corps vertébral et la moelle épinière et ne puisse être évacuée au moyen d’une simple discectomie. Dans d’autres cas, des excroissances osseuses (ou ostéophytes) se forment entre le corps vertébral et la moelle épinière. Dans de telles situations, il arrive qu’il faille retirer tout le corps vertébral pour pouvoir avoir accès à la substance discale qui compresse le nerf : on procède alors à une corpectomie.
La chirurgie stabilisatrice
Les discectomies et corpectomies mènent souvent à une déstabilisation de la colonne vertébrale : celle-ci présente alors des anomalies de mouvement, ce qui augmente les risques de dommage neurologique sévère. C’est pourquoi après une discectomie ou une corpectomie il faut souvent stabiliser la colonne. Voici quelques outils utilisés :
• Le disque cervical artificiel : c’est une avancée récente (et passionnante) de la chirurgie vertébrale. Les chirurgiens commencent à implanter un disque cervical artificiel après la discectomie. Cette pratique est en train de remplacer la fusion et l’instrumentation vertébrale. L’avantage du disque artificiel est qu’il permet au patient de conserver la mobilité normale de son cou après l’opération. Auparavant, si un patient avait subi une fusion de deux vertèbres ou plus, sa mobilité en était sévèrement réduite. Si ces disques cervicaux sont encore une toute nouvelle technologie, mais les premiers résultats sont encourageants.
• La fusion et l’instrumentation vertébrale : pendant de nombreuses années, cette méthode de stabilisation était répandue. Elle peut être utilisée seule ou en complément de la chirurgie décompressive. Le chirurgien fait en sorte que les os de la colonne fusionnent avec le temps (cela prend généralement plusieurs mois voire plus), par l’intermédiaire d’une greffe (la plupart du temps à partir d’un os du propre corps du patient) ou d’une substance biologique qui stimule la consolidation osseuse. On peut avoir recours à l’instrumentation vertébrale (au moyen de fil métallique, câbles, vis, baguettes, plaques) pour optimiser la stabilité et favoriser la fusion des os (qui, en mettant fin à tout mouvement entre les vertèbres, offre une stabilité à long terme).
Comme pour toute opération, la chirurgie cervicale engendre des risques potentiels ; c’est à votre médecin d’évoquer ces risques avec vous avant de vous faire signer le formulaire de consentement à l’intervention. Parmi les complications potentielles (liste non exhaustive) :
• L’endommagement de la moelle épinière, des nerfs, de l’œsophage, de l’artère carotide ou encore des cordes vocales.
• Le non-rétablissement après fusion osseuse (pseudarthrose)
• L’absence d’amélioration
• La casse ou l’échec de l’instrumentation
• Une infection et/ou une douleur sur la zone de greffe osseuse
• Des douleurs et une enflure des veines de la jambe (phlébite)
• La formation de caillots sanguins au poumon
• Des problèmes urinaires
• Très rare : paralysie, décès éventuel
Ces complications peuvent entraîner de nouvelles interventions chirurgicales, alors, encore une fois, assurez-vous de bien comprendre les enjeux de la chirurgie et ses risques avant de prendre cette décision qui n’appartient qu’à vous.
La convalescence
Après l’intervention, vous n’irez pas instantanément mieux. Selon toute probabilité, vous resterez alité 24 heures, et devrez prendre des médicaments contre la douleur pendant 2 à 4 semaines. On vous expliquera comment vous assoir, vous lever et vous tenir avec prudemment. Il est important de laisser à votre corps le temps de s’en remettre ; c’est pourquoi le docteur vous recommandera certainement de réduire vos activités. De manière générale, évitez de solliciter votre cou. Bannissez les sports de contact, les contorsions, ou même le soulèvement de charges lourdes pendant la durée de votre convalescence.
De plus, restez vigilant ; faites part à votre médecin du moindre problème (fièvre, poussée de douleur, infection) sans attendre.

Traitement physique des douleurs cervicales

Votre médecin peut vous diriger vers un physiothérapeute pour soulager la douleur et rendre à votre cou sa mobilité. Que vous subissiez une intervention chirurgicale sur la colonne cervicale ou non, le traitement physique est la clé d’un rétablissement solide.
La thérapie physique comprend des traitements passifs et actifs. La thérapie passive permet de vous détendre et de décontracter votre corps ; elle le prépare, de plus, à l’exercice physique thérapeutique qui constitue la partie active de la physiothérapie.
Parmi les traitements que peut vous administrer le physiothérapeute, citons :
• Le massage de tissu profond, qui s’attaque aux tensions musculaires chroniques affectant votre cou sous l’effet du stress de la vie de tous les jours. Le thérapeute exerce des pressions et frictions directes afin d’évacuer les tensions de vos tissus mous (les ligaments, les tendons et les muscles).
• Le traitement par la chaleur et par le froid : par l’usage de la chaleur (thermothérapie), le thérapeute cherche à augmenter l’afflux sanguin de la région ciblée, car cela permet un apport en oxygène et en nutriments, mais aussi de se débarrasser des déchets produits par les spasmes musculaires ; son afflux favorise la guérison.
La cryothérapie (traitement par le froid) ralentit la circulation sanguine, afin de réduire l’inflammation, les spasmes et la douleur. Le physiothérapeute fera appel à tour de rôle à la thermothérapie et à la cryothérapie.
• Le TENS (neurostimulation électrique transcutanée) : peut être mis en œuvre à domicile, si le thérapeute considère cela comme nécessaire. Une machine envoie des impulsions électriques variables (sans danger) dans les muscles pour les stimuler. Le TENS permet de réduire les spasmes musculaires, voire de favoriser la production d’endorphines par votre corps, vos antidouleurs naturels. L’équipement utilisé par le physiothérapeute pour le TENS est bien plus volumineux que la machine destinée à l’usage à domicile. Qu’il prenne ou non de la place, cet engin peut s’avérer très utile.
• La traction consiste à tendre et manipuler la colonne afin d’atténuer la douleur et de vous rendre une aisance de mouvements. La traction peut être effectuée manuellement (c’est l’approche chiropratique) ou au moyen d’un appareil mécanique spécial.
• Les ultrasons, en intensifiant la circulation sanguine, réduisent les spasmes musculaires, les crampes, les gonflements, les raideurs et la douleur. On envoie, au plus profond des tissus musculaires, des ondes acoustiques qui produisent une chaleur renforçant la circulation et donc la guérison.
Au cours de la partie active de la thérapie physique, le praticien vous enseignera divers exercices physiques pour travailler votre souplesse, votre force, votre stabilité et votre motricité (c’est-à-dire faciliter les mouvements des articulations). Chaque programme de thérapie physique est personnalisé et prend en compte votre l’état de santé et les antécédents du patient. Les exercices qui vous seront prescrits peuvent donc ne pas convenir à une autre personne souffrant du cou.
Si nécessaire, on vous apprendra à corriger votre posture et intégrer à vos activités quotidiennes des principes d’ergonomie.
On s’enferme facilement dans de mauvaises habitudes conduisant au mal de cou : on s’affale devant son repas, on s’avachit sur son bureau, on garde les épaules voûtées vers l’avant. Avec l’aide de votre médecin, mettez fin à ces mauvaises habitudes et adoptez de nouveaux réflexes plus sains. Afin de s’assurer que vous ne recommenciez pas à vous faire mal, il peut aller jusqu’à venir analyser votre environnement privé et professionnel, afin de vous conseiller pour mieux vous protéger de la douleur.

Le paracétamol dans le traitement de la lombalgie aigüe

Le paracétamol est le membre principal du groupe de médicaments dérivés du para-aminophénol. Si ses effets analgésiques et antipyrétiques (qui font baisser la fièvre) sont équivalents à ceux de l’aspirine, ses propriétés anti-inflammatoires sont faibles. Ses effets thérapeutiques sont le résultat d’une inhibition de la biosynthèse des prostaglandines (médiatrices d’inflammation) avec pour conséquences une élévation du seuil de tolérance à la douleur et une modulation du centre thermorégulateur qu’est l’hypothalamus (partie du cerveau qui active certaines sections du système nerveux). On note avant tout des effets centraux du paracétamol ; ses effets périphériques sont moindres : il n’a qu’un faible rôle inhibiteur de la cyclo-oxygénase (l’enzyme permettant la fabrication des prostaglandines) et n’inhibe pas l’activation des neutrophiles (qui œuvrent pour éliminer les déchets cellulaires), ce que font d’autres AINS (anti-inflammatoire non-stéroïdiens).
Propriétés analgésiques
Dans le cadre de la lombalgie aigüe, l’usage analgésique du paracétamol est probant. De nombreuses études ont mis en lumière la supériorité du paracétamol sur un placebo pour traiter la douleur liée à l’arthrose, et c’est cette efficacité qui en a fait une prescription de premier ordre dans le traitement cette maladie. Une étude menée par Bradley en 1991 a comparé les propriétés analgésiques du paracétamol et de l’ibuprofène dans le traitement de la douleur associée à l’arthrose du genou. Sur une période de quatre semaines, le paracétamol s’est révélé à la fois aussi efficace qu’un régime analgésique de Motrin à doses basses et qu’un régime anti-inflammatoire à doses fortes de cet ibuprofène, pour ce qui est de soulager la douleur et conduire à une amélioration fonctionnelle.
Une étude de 1982 a comparé le paracétamol au diflunisal (Dolobid), un AINS dérivé de salicylate (agent anti-inflammatoire), dans le traitement des lombalgies chroniques. Trente patients avec des antécédents, allant de six mois à plusieurs années, de douleurs dorsales considérées comme secondaires à une pathologie facettaire, se sont vus administrer au hasard l’un ou l’autre traitement durant quatre semaines ; les résultats les plus probants ont été ceux des AINS.
Dosage et effets secondaires
La dose orale tolérée de paracétamol est de 325 à 1000 mg toutes les quatre à six heures, pour une prise journalière devant pas excéder 4000mg. Sa présence dans le plasma ainsi que ses effets culminent habituellement dans une période de 30 à 60 minutes après ingestion. Le paracétamol est généralement disponible sans ordonnance et relativement bon marché.
En dehors de l’apparition occasionnellement observée d’érythèmes (peau qui rougit par inflammation) ou de rougeurs cutanées (urticaire) multiples, enflées et sources de démangeaison, l’effet pervers le plus lourd d’un surdosage aigu de paracétamol est l’hépatotoxicité (la détérioration du foie). Chez l’adulte, elle peut être causée par une dose seule de 10 à 15 grammes. Un abus plus chronique de paracétamol a montré des liens avec une néphrotoxicité, c’est-à-dire une détérioration de reins.
Les effets analgésiques du paracétamol en font un mode de traitement appréciable de la lombalgie aigüe. Il est bon marché, et en général sa prise n’entraîne pas de complications. Bien qu’efficace pour combattre la douleur légère à modérée de certains cas de lombalgie aigüe, il n’offre pas au patient les autres effets recherchés contre les inflammations, les spasmes musculaires ou les troubles du sommeil. Son efficacité en tant qu’analgésique pour les troubles lombaires accompagnés d’une douleur sévère est plus discutable.

Le dos et ses problèmes : soulager la douleur

Soulager
Le médecin est là pour apaiser la douleur, la gêne ou les autres symptômes. Toute une série de médicaments et autres traitements sont efficaces contre le mal de dos. Rassurez-vous, dans la plupart des cas, on ne tarde pas à se sentir mieux.
Les traitements reconnus
Les médicaments calment généralement la douleur de manière efficace ; en fonction de vos symptômes et de la gêne que vous ressentez, on vous recommandera un certain type de médicaments.
Pour des symptômes légers à modérés, un remède en vente libre (c’est-à-dire vendu sans ordonnance) comme le paracétamol, l’aspirine ou l’ibuprofène suffira. Ils ont souvent l’avantage de provoquer moins d’effets secondaires que les produits sur ordonnance, et sont moins chers. Si les troubles sont sévères, alors le médecin vous prescrira sûrement un médicament sur ordonnance.
Chez la plupart des gens, le médicament permet réellement de contrôler la souffrance et la gêne. Mais tous les produits peuvent avoir des effets secondaires. Par exemple, certaines personnes ne peuvent pas prendre d’aspirine ou d’ibuprofène parce que cela leur cause des irritations gastriques, voire des ulcères. De nombreux médicaments prescrits contre la lombalgie provoquent des somnolences ; ne les prenez pas si vous devez conduire ou manier une machinerie lourde. Discutez avec votre professionnel de santé des avantages des risques de chacun des produits prescrits. Si des effets secondaires apparaissent (nausées, vomissements, rougeurs, vertiges…), arrêtez le médicament et faites-en tout de suite part au médecin.
Il se peut que ce dernier vous recommande également une ou plusieurs des choses suivantes à la place ou en complément de la médication :
L’application de chaud ou de froid
• Dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes, il peut être bon de placer sur la zone douloureuse une compresse froide ou une poche de glace, par séances de 5 à 10 minutes.
• Si les symptômes durent plus de 48 heures, peut-être qu’une bouillotte, une douche ou un bain chauds apaiseront votre dos.
La manipulation vertébrale
• Cette technique thérapeutique qui consiste à exercer, avec la main, une force sur le dos pour remettre en place la colonne vertébrale, sera efficace chez certains patients dès le premier mois.
• Elle doit seulement être pratiquée par un professionnel expérimenté.
• Si au bout de 4 semaines, la manipulation n’a pas eu d’effet, retournez chez votre médecin.
N’oubliez pas, chacun réagit différemment. A vous de trouver ce qui marchera le mieux dans votre cas.
Autres traitements possibles
Il en existe toute une série ; s’ils peuvent apaiser momentanément la douleur, aucun ne s’est avéré accélérer la guérison ou empêcher le retour de crises aigües. Certains, de plus, sont onéreux. Quelques exemples :
• La traction
• Le TENS (neurostimulation électrique transcutanée)
• Le massage
• L’acupuncture
• Les injections intradiscales
• Le port d’un corset
• Les ultrasons
L’activité physique
On vous interrogera sur les exigences physiques de votre mode de vie (travail, activités quotidiennes). Il se peut qu’on vous recommande quelques modifications de vos activités jusqu’à ce que vous vous sentiez mieux. Vous discuterez de votre propre situation avec votre médecin ; généralement, en cas de douleur sévère, mieux vaut éviter :
• De soulever de lourdes charges.
• De devoir se contorsionner, se pencher en avant et prendre un risque inutile pour attraper quelque chose qui est hors de portée.
• De rester assis de manière prolongée.
L’objectif principal est de retourner à vos activités habituelles aussitôt qu’elles redeviennent sans risque ; votre médecin et votre employeur (si vous travaillez) vous aideront à déterminer ce que vous pouvez faire au travail en toute sécurité, et à augmenter graduellement vos horaires, à mesure que votre dos se rétablit.
L’alitement
En cas de symptômes sévères, on vous recommandera de rester alité pendant une période courte : pas plus de 2 ou 3 jours. Rester allongé plus longtemps pourrait affaiblir vos muscles et vos os et, au final, freiner votre guérison. Si vous sentez qu’il vaut mieux rester couché, faites en sorte de vous lever régulièrement au bout de quelques heures et de faire un petit tour, même si cela fait mal. Il est courant de ressentir une petite gêne quand on retourne à son activité habituelle ; cela ne veut pas dire qu’elle est néfaste.
L’activité professionnelle et le cadre familial
Il faudra du temps pour aller mieux ; si votre travail ou vos activités de tous les jours renforcent la douleur, il est important d’en faire part à votre entourage familial, votre supérieur hiérarchique et vos collègues. Mieux vaut dépenser son énergie dans des choses que l’on peut faire confortablement, au travail comme à la maison ; on peut être productif, mais il faut être conscient de ses limites.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
En attendant que votre dos aille mieux, ces petits trucs vous rendront le quotidien moins pénible :
• Préférez des chaussures confortables à talons plats.
• Assurez-vous que votre plan de travail soit à une hauteur adéquate.
• Utilisez une chaise qui soutient bien le bas du dos et peut légèrement s’incliner.
• Si vous devez rester de longs moments assis, essayez de reposer vos pieds au sol ou sur un tabouret bas, selon ce qui vous convient le mieux.
• Si vous devez rester debout longtemps, tentez de reposer un pied sur un tabouret bas.
• En cas de long trajet en voiture, calez un oreiller ou une serviette enroulée dans le creux de votre dos.
• De plus, arrêtez-vous souvent pour vous dégourdir les jambes.
• En cas de troubles du sommeil, essayez de dormir sur le dos, un oreiller calé sous les genoux, ou sur le flanc, un oreiller entre vos genoux pliés.
Un peu d’exercice physique
On recommande un retour progressif à une activité normale, ce qui inclut une pratique physique, importante pour votre santé globale et qui vous permettra d’éliminer, si besoin, les graisses corporelles. Même en cas de symptômes légers ou modérés, vous pouvez pratiquer les activités suivantes sans trop solliciter votre dos :
• La marche sur des distances courtes.
• Le vélo d’appartement.
• La nage.
Il est important de commencer doucement, quel que soit l’entraînement, pour ensuite en intensifier peu à peu la rapidité et la durée. Il est normal, au début, de trouver que les symptômes s’alourdissent un peu avec l’exercice ou une activité plus soutenue ; pas d’inquiétudes. Par contre, si la douleur devient importante, contactez votre médecin. Une fois revenu à des activités normales sans la moindre gêne, on peut vous conseiller de continuer à travailler votre endurance et votre dos.
Si cela ne va pas mieux
La plupart des problèmes de dos sont rapidement résolus (généralement en 4 semaines). Si au bout de cette période la situation ne s’améliore pas, contactez votre prestataire de soins.
Tests complémentaires
Votre dos sera alors réexaminé, et on vous proposera peut-être de passer des tests complémentaires : radiographies, prise de sangs, ou autres analyses spéciales comme une IRM (imagerie par résonance magnétique) ou un scanner du dos. Ces tests permettront de comprendre pourquoi votre état ne s’améliore pas. Il se peut aussi que l’on vous dirige vers un spécialiste.
Certains facteurs comme le stress (une pression excessive à la maison ou au travail), des problèmes personnels ou émotionnels, une dépression, ou encore un problème de drogue ou d’alcool, peuvent freiner la guérison ou sembler amplifier les douleurs dorsales. Si vous êtes dans l’un de ces cas, il faut en aviser votre médecin.
La chirurgie
Même si vous êtes fréquemment sujet à des crises lombalgiques, cela ne veut pas forcément dire qu’il faudra vous opérer. La chirurgie s’avère nécessaire dans seulement 1 cas sur 100. Parfois, elle peut même causer de nouveaux problèmes, surtout si le mal de dos est votre unique symptôme.
Les personnes dont les nerfs sont perturbés, les victimes de fractures ou de luxations ont plus de chances de se rétablir avec une intervention chirurgicale. Dans la plupart des cas, pourtant, on n’a pas besoin de décider immédiatement d’un recours à la chirurgie : une opération du dos peut, le plus souvent, attendre plusieurs semaines sans que cela n’aggrave la situation.
Si l’on vous conseille une opération, renseignez-vous sur la raison d’une telle intervention et sur les risques et améliorations que vous êtes en droit d’en attendre. Vous pouvez aussi demander un avis complémentaire.
Prévention
La meilleure façon d’éviter un problème de dos, c’est de garder la forme. Si vous devez soulever quelque chose, même si vous sentez que vous allez mieux, veillez à :
• Garder l’objet en question plaqué contre votre corps.
• Eviter de vous contorsionner, vous pencher en avant et de risquer de vous blesser en voulant attraper un objet hors de portée.
Continuez à vous entretenir physiquement, même une fois les symptômes disparus ; de nombreux exercices existent pour maintenir votre corps (et plus particulièrement le dos) en bonne condition. Demandez conseil à votre médecin.
Si les symptômes réapparaissent
Chez plus de la moitié des gens remis d’un premier épisode de lombalgie aigüe, le problème resurgit au bout de quelques années. A moins que les symptômes soient très différents de la fois précédente, ou que votre état de santé ait évolué, vous pouvez espérer vous remettre pleinement et rapidement de chaque crise.
Pendant la convalescence
N’oubliez pas que même si, présentement, vous souffrez d’un problème dorsal, selon toute probabilité vous ne tarderez pas à aller mieux. Il est primordial de garder à l’esprit que vous êtes la personne la plus à même de prendre soin de votre dos et de favoriser un retour à vos activités habituelles.
Souvenez-vous également que la plupart des problèmes de dos ne dure pas et que les symptômes se dissipent en général avec un traitement léger et même parfois sans. Ils peuvent être douloureux, mais ne sont que rarement le signe d’un dommage sérieux du dos. L’exercice physique vous permettra de vite aller mieux et d’éviter l’apparition de nouveaux problèmes ; la pratique régulière d’une activité est un plus pour votre condition physique et vous aidera à retrouver les choses que vous aimiez faire.
Pour plus d’information
Les informations publiées dans ce fascicule sont basées sur le Guide Pratique Clinique des problèmes de lombalgie aigüe chez l’adulte. Ce guide a été développé par un panel non-fédéral d’experts financé par l’Agency for Health Care Policy and Research. D’autres guides sont disponibles sur des questions de santé courantes, et d’autres encore sont en préparation.