Les Orthèses Vertébrales

L’encadrement thérapeutique des problèmes vertébraux remonte au moins à l’époque du Moyen-Âge. Certains des concepts
qui constituent ces appareils primitifs, en particulier les forces en trois points, restent valables aujourd’hui. Les matières de fabrication ont évolué, passant du métal et du cuir à des thermoplastiques légers, permettant ainsi de nouvelles formes et un autre niveau de confort pour le patient.

Les corsets orthopédiques utilisent trois objectifs primaires:
• Contrôler les douleurs dorsales en limitant le mouvement et en déchargeant les disques, les vertèbres et autres structures vertébrales grâce à la compression de l’abdomen.
• Stabiliser les structures faibles ou blessées en immobilisant la colonne.
• Apporter des systèmes de force en trois points pour corriger ou prévenir la progression d’une déformation.

La partie du corps sous contrôle détermine généralement la terminologie de l’orthèse vertébrale. Orthèses :Sacro-iliaque (OSI), Lombo-sacrée (OLS), Thoraco-lombo-sacrée (OTLS), Cervicale et thoraco-lombo-sacrée (OCTLS), cervicale (OC) et cervico-thoracique (OCT). Le contrôle se décrit en termes de flexion, d’extension, de rotation et de fléchissement latéral de la colonne.

Les orthèses vertébrales se répartissent en trois catégories: flexible, rigide ou semi-rigide.

Les orthèses flexible ou corsets sont prescrits pour le soulagement d’une douleur dans le bas du dos associée à des problèmes dégénératifs du disque, à des traumatismes ou des déformations posturales. Les corsets sont généralement faits de coton et de nylon. Ils sont utilisés pour décharger les structures vertébrales en augmentant la compression de l’abdomen. Des tuteurs et manchons rigides peuvent être ajoutés pour limiter le mouvement et garder une posture correcte. La plupart des corsets son préfabriqués puis arrangés sur mesure selon les besoins spécifiques du patient.

Les orthèses rigides sont généralement fabriquées sur mesure et apportent le plus de soutien possible à la zone traitée. Un corset thérapeutique ou une OTLS contrôle les mouvements sur tous les plans. En fonction des objectifs de l’OTLS, le design peut être modifié. En général, on utilise un modèle en deux pièces, avant et arrière, après une intervention chirurgicale tandis qu’un modèle en une pièce, qui s’ouvre à l’avant ou à l’arrière, est souvent recommandé pour traiter une scoliose. De nos jours, on se sert souvent d’attaches Velcro ™ pour accélérer la fermeture des orthèses.

Lorsqu’il est recommandé, l’attelage thérapeutique de la colonne peut être un vrai succès. Lorsque de tels soins sont nécessaires, il est important que le professionnel de la santé proposant ces services ait les certificats appropriés. Un orthésiste avec un certificat ABC a les qualifications minimum nécessaires dans ce domaine spécialisé. Un praticien avec un certificat ABC utilisera le suffixe (OC) orthésiste certifié ou (OPC) orthésiste-prothésiste certifié après son nom.

Les Traitements Alternatifs des Douleurs Dorsales

L’Acupuncture, les Plantes Médicinales et les Massages
Si vous souffrez de douleurs dorsales, il existe un large choix de traitements, parmi lesquels les traitements alternatifs. Votre docteur vous suggèrera peut-être d’intégrer l’acupuncture, les plantes médicinales ou les massages dans votre traitement. On qualifie ces options d’ « alternatives », car elles remplacent la médecine « traditionnelle », qui signifie généralement médicaments, injections et chirurgie.

De nombreux patients ont affirmé que les traitements alternatifs avaient été d’une grande aide pour leurs douleurs dorsales. Vous aurez peut-être envie d’essayer :

• L’Acupuncture ou l’Acupression: Ces traitements alternatifs ont vu le jour en Chine. Les praticiens pensent que nous avons tous une force d’énergie, qu’ils appellent le Chi (ou Qi). Lorsque cette force est bloquée, vous pouvez développer un problème physique, tel qu’une douleur dorsale. Voila pourquoi il vous faut libérer les canaux Chi de votre corps, que les praticiens appellent méridiens. L’acupuncture et l’acupression servent à retrouver un flux énergétique Chi sain.

L’acupuncture utilise de très fines aiguilles que les praticiens insèrent en des points précis de vos méridiens, en fonction de vos symptômes. Les aiguilles, qui ne contiennent aucun médicament, restent en place de 20 à 40 minutes. La recherche a montré que la présence d’aiguilles entraîne le relâchement par votre corps de certains neurotransmetteurs, tels que les endorphines, qui favorisent le processus de guérison.

L’acupression fonctionne selon les mêmes principes que l’acupuncture, hormis le fait que les praticiens utilisent leurs pouces, leurs doigts et leurs coudes pour cibler les points Chi spécifiques.

• Les plantes médicinales: Avant d’essayer une quelconque plante médicinale, renseignez-vous et parlez à votre docteur. Elles peuvent entraîner des effets secondaires, dont vous n’avez peut-être pas conscience. Une plante médicinale peut, par exemple, interférer avec un médicament que vous prenez. Voici certaines plantes médicinales qui pourraient soulager vos douleurs dorsales :

- La Crème à la Capsaïcine: La capsaïcine est ce qui rend les piments rouges épicés, et peut également soulager vos douleurs. Cependant, son effet est temporaire, vous aurez donc à l’appliquer 4 à 5 fois par jour. Il vous faudra surement plusieurs semaines pour ressentir un soulagement conséquent grâce à la crème à la capsaïcine, alors n’abandonnez pas uniquement parce que son effet n’est pas immédiat.

- La Griffe du Diable : La griffe du diable est originaire du sud de l’Afrique, où on l’utilise depuis des siècles pour traiter la fièvre, l’arthrite et les problèmes gastro-intestinaux. Elle agit comme un anti-inflammatoire. De nos jours, elle est utilisée pour des maladies causant inflammation et douleur, telles que l’ostéoarthrite. Vous pouvez la prendre sous forme de gélule.

- L’Écorce de Saule Blanc : Le saule blanc a amené au développement de l’aspirine en Europe. Si vous ne voulez pas prendre la version chimique (l’aspirine peut irriter l’estomac), utilisez de l’écorce de saule blanc. Elle est efficace en cas de maladies causant douleurs et inflammations, comme l’ostéoarthrite. Elle soulage également les douleurs dorsales vives.

• Le Massage: Une étude réalisée par SpineUniverse début 2008 a montré que les patients souffrant de douleurs dorsales sont très satisfaits par les massages comme option de traitement. En effet, ils ont obtenu le deuxième meilleur taux de satisfaction des patients. (Vous pouvez en savoir plus sur cette étude dans Comment Venir à Bout de la Douleur ?) Les douleurs dorsales étant souvent causées par un muscle froissé ou trop souvent sollicité, il est très rassurant de savoir que le massage est une option de traitement qui vaut le coup. Un massage peut aider à libérer les tensions et à soulager les inflammations et les douleurs musculaires.

Hernie discale: un traitement non-chirurgical pour commencer

Par chance, la majorité des hernies discales ne nécessitent pas d’opération chirurgicale. Toutefois, un pourcentage minime de personnes souffrant d’hernies discales ou de disques dégénérés peuvent ressentir une douleur dans le bas du dos symptômatique ou sévère et handicapante, qui affectera de manière significative leur vie quotidienne.
Le traitement initial d’une hernie discale est généralement classique et non chirurgical. Votre docteur pourra vous prescrire du repos ou vous conseiller de garder un niveau d’activité faible et sans douleurs pendant quelques jours, voire quelques semaines. Cela aidera l’inflammation des nerfs spinaux à diminuer.
Une hernie discale est souvent traitée avec des anti-inflammatoires non-stéroïdiens si la douleur est moyenne à modérée. Une injection péridurale de stéroïdes peut être pratiquée à l’aide d’une aiguille contrôlée par rayon X afin de diriger le médicament vers le niveau exact du disque hernié.
Votre docteur vous recommandera peut-être la kinésithérapie. Le thérapeute aura recours à une évaluation détaillée qui, combinée au diagnostic de votre docteur, déterminera un traitement spécifiquement adapté aux patients souffrant de hernie discale. La thérapie peut inclure des tractions du bassin, des massages, des thérapies par le chaud et le froid, des ultra sons, une stimulation musculaire électrique et des exercices d’étirement. Les médicaments anti-douleur et les décontractants musculaires peuvent également être utiles en complément de la kinésithérapie.
La Chirurgie
Votre docteur peut vous recommender la chirurgie si les opérations de traitement classique, tels que la kinésithérapie et les médicaments ne font ni mettre un terme à la douleur ni la réduire. Il ou elle vous parlera des types de chirurgie de la colonne possibles, et selon votre cas spécifique, vous aidera à déterminer quelle procédure pourrait vous convenir. Comme avec toute opération chirurgicale, l’âge du patient, son état de santé général, et d’autres critères sont pris en compte au moment d’envisager la chirurgie.
Il faudrait toujours peser le pour et le contre lorsque l’on parle de chirurgie, les avantages contre les risques. Bien qu’un pourcentage important de patients souffrant de hernie discale aient affirmé avoir ressenti un soulagement intense de la douleur après leur opération, il n’y a aucune garantie que la chirurgie aidera chaque individu.
Vous serez peut-être considéré comme candidat à la chirurgie de la colonne si:
• Une douleur dans le dos ou la jambe limite votre activité normale ou affecte votre qualité de vie
• Vous développez petit à petit des déficits neurologiques, tels qu’une faiblesse et/ou un engourdissement de la jambe
• Vous n’avez plus le contrôle de votre vessie et/ou de vos intestins
• Vous avez des difficultés à rester debout ou à marcher
• Les médicaments et la kinésithérapie sont inefficaces
• Vous êtes relativement en bonne santé

Les Termes Chirurgicaux
La chirurgie artificielle du disque – Le remplacement chirurgical d’un disque lombaire hernié ou malade par un disque fabriqué. Le disque artificiel CHARITÉ™ est un noyau en plastique entre deux plaques de chrome à insérer dans la colonne.
La Discectomie – L’enlèvement chirurgical partiel ou total d’un disque intervertébral.
La Laminectomie – L’enlèvement chirurgical d’une grande partie de l’arc osseux ou des lames d’une vertèbre.
La Laminotomie – Une ouverture créée dans une lame pour soulager la pression sur les racines nerveuses.
La Fusion Spinale – Une procédure dans laquelle un os est greffé dans la colonne, créant ainsi une union solide entre deux vertèbres ou plus, et dans laquelle des instruments tels que des vis et des tiges peuvent être utilisés pour amener un soutien vertébral supplémentaire.

La chirurgie en cas de sténose spinale

La plupart des patients souffrant de sténose spinale réagissent bien aux traitements non chirurgicaux (tels que les medicaments), vous n’aurez donc pas systématiquement besoin d’une opération. Toutefois, il existe des situations où vous pourriez vouloir une opération de la colonne :
• Vous avez essayé des traitements non chirurgicaux, sans succès.
• Vous souffrez d’une douleur intense depuis très longtemps.
• Vous souffrez de radiculopathie, terme médical utilisé pour décrire la douleur, l’engourdissement et les picotements dans les bras ou les jambes.
• Vous avez perdu la sensation de vos bras ou de vos jambes.
• La force motrice de vos bras ou de vos jambes est amoindrie.
• Vous n’avez plus le contrôle de votre vessie ou de vos intestins.
L’un des objectifs principaux de la chirurgie de la sténose spinale est de faire de la place dans la zone de la moelle épinière et/ou des racines nerveuses. C’est ce qu’on appelle la décompression. En donnant plus de place à votre moelle épinière et à vos racines nerveuses, votre chirurgien espère diminuer la douleur due à l’inflammation de vos nerfs.
Un autre objectif de la chirurgie de la sténose spinale: augmenter la force motrice dans vos bras ou vos jambes. Si vous avez perdu la sensation de ces membres, votre chirurgien espère également la restorer.
En général, les chirurgiens utilisent deux techniques chirurgicales lors d’une opération de la sténose spinale:
• La décompression, où ils retirent les tissus qui appuient sur une structure nerveuse en dégageant le canal rachidien (pour la moelle épinière) ou les foramina (pour les racines nerveuses).

• La stabilisation, où ils tentent de limiter le mouvement entre les vertèbres.
La Chirurgie par Décompression
Pour enlever le tissu qui appuie sur un nerf, votre chirurgien pourra avoir recours à l’une de ces opérations :
La Foraminotomie : Si la partie d’un disque ou un bec de perroquet (ostéophyte) appuie sur un nerf à l’endroit où celui-ci quitte les vertèbres (par une ouverture appelée le foramen), une foraminotomie peut être pratiquée. Le suffixe « otomie » signifie « faire une incision ». Pratiquer une foraminotomie signifie donc agrandir l’ouverture du foramen afin que le nerf puisse sortir sans être comprimé.
La Laminectomie : À l’arrière de chaque vertèbre, se trouve un morceau d’os qui protège votre canal rachidien et votre moelle épinière : on l’appelle la lame vertèbrale. Elle peut appuyer sur votre moelle épinière, le chirurgien fera alors plus de place pour votre moelle en enlevant tout ou une partie de la lame.
La Laminotomie: À l’instar d’une foraminotomie, une laminotomie crée une ouverture plus large, cette fois ci dans le morceau d’os qui protége votre canal rachidien et votre moelle épinière (la lame vertébrale). La lame peut appuyer sur vos nerfs, le chirurgien leur fera alors plus de place en pratiquant une laminotomie.
La Chirurgie par Stabilisation
Subir une opération de la sténose spinale ne signifie pas nécessairement avoir besoin d’une stabilisation, connue aussi sous le nom de fusion spinale. Elle s’avère particulièrement utile quand une ou plusieurs vertèbres ne sont plus dans leur position correcte, ce qui rend la colonne instable (et douloureuse). La nécessité d’avoir recours à la stabilisation dépend également du nombre de vertèbres sur lesquelles votre chirurgien doit intervenir. Par exemple, si il ou elle doit enlever les lames (avec une laminectomie) de plusieurs vertèbres, votre colonne sera instable sans ces structures. Vous aurez besoin d’une fusion spinale pour aider à la stabilisation de votre colonne.
La chirurgie par stabilisation vertébrale se pratique depuis de nombreuses années. Elle peut être faite seule ou en même temps qu’une chirurgie de décompression. Avec la stabilisation vertébrale, le chirurgien crée un environnement où les os de votre colonne fusionneront avec le temps (en général après plusieurs mois, voire plus longtemps). Le chirurgien utilise une greffe d’os (généralement à partir d’un os de votre propre corps) ou une substance biologique (qui stimulera la croissance osseuse). Votre chirurgien pourra utiliser des instruments tels que des fils, des cables, des vis, des tiges et des plaques, afin d’améliorer la stabilité et d’aider les os à fusionner. La fusion arrêtera le mouvement entre les vertèbres, assurant une stabilité à long terme.
Chirurgie Ouverte ou Chirurgie Peu Invasive?
Si votre opération est pratiquée à travers une incision relativement large dans votre dos, on parle alors de chirurgie ouverte. La chirurgie peu invasive est une autre option, pratiquée à travers plusieurs petites incisions. Le chirurgien utilisera une miniscule caméra et de très petits instruments chirurgicaux.
Cependant, la chirurgie peu invasive n’est pas pour tout le monde. Si votre chirurgien doit travailler sur beaucoup de vertèbres, vous aurez sûrement besoin d’une chirurgie ouverte.
Les Risques
Comme dans toute opération, la chirurgie pour une sténose spinale comporte des risques. Votre docteur discutera avec vous des risques potentiels avant de vous demander de signer un formulaire de consentement chirurgical. Les complications possibles incluent (mais ne sont pas limitées à) :
• Les risques généraux de l’anesthésie
• La blessure de votre moelle épinière ou de vos nerfs
• La non-guérison de votre fusion osseuse (pseudoarthrose)
• Pas d’amélioration
• La rupture ou la défaillance d’un instrument
• L’infection et/ou la douleur à l’endroit de la greffe osseuse

Le Rétablissement après une Chirurgie de la Sténose Spinale
Après votre opération, vous ne vous sentirez pas instantanément mieux. Il y a de fortes chances pour que vous restiez couché pendant 24 heures et vous serez sous calmants pendant 2 à 4 semaines. Après la chirurgie, vous recevrez des instructions sur la façon la plus prudente de vous asseoir, de vous lever et de rester debout. Il est important de donner à votre corps le temps de guérir, votre docteur vous recommandera donc de limiter vos activités : de manière générale, ne faites rien qui implique de bouger votre colonne. Vous devriez éviter les sports de contact et le fait de pivoter ou de porter des choses lourdes pendant votre période de rétablissement.
Après la chirurgie, soyez prudent. Faites immédiatement part à votre docteur de tout problème : fièvre, augmentation de la douleur, infection, etc.
Il faut toujours prendre bien soin de son corps et avoir des habitudes saines, mais en particulier après une opération chirurgicale : Vous devriez donc :
• Suivre le traitement de votre docteur. Faire régulièrement des check-up.
• Vous asseoir et vous lever correctement.
• Apprendre la bonne technique pour soulever une charge lourde.
• Pratiquer régulièrement de l’exercice (des exercices d’aérobic sans heurts sont particulièrement recommandés, mais parlez en d’abord avec votre médecin).
• Utiliser un équipement sportif approprié.
• Atteindre et maintenir un poids sain.
• Manger de la nourriture saine (un régime équilibré faible en graisse et riche en fruits et légumes) et prendre une quantité suffisante de calcium.
• Arrêter de fumer.
• Éviter une consommation d’alcool excessive.
Et tenez bon: les résultats d’une opération pour corriger une sténose spinale sont généralement bons. La plupart du temps, 80 à 90% des patients ressentent un soulagement de leur douleur après l’opération.

La kinésithérapie pour la sténose spinale

Votre docteur peut vous adresser à un kinésithérapeute, qui vous aidera à soulager les douleurs dues à votre sténose spinale et à rétablir votre mobilité. Que vous soyez opéré ou non, la kinésithérapie est la clé d’un bon rétablissement.
La kinésithérapie inclue des traitements à la fois actifs et passifs. Les traitements passifs vous aideront à vous détendre. Ils prépareront également votre corps à des exercices thérapeutiques, la partie active de la kinésithérapie.
Votre kinésithérapeute vous recommandera peut être des traitements passifs tels que:
Un Massage des Tissus en Profondeur: Cette technique cible une tension musculaire chronique, une tension dans le bas de votre dos (rachis lombaire) qui peut être s’accumule de par votre vie stressante. Le thérapeute utilise la pression directe et la friction pour essayer de soulager la tension dans vos tissus doux (ligaments, tendons, muscles).
Les Thérapies Chaud/Froid : En utilisant de la chaleur, le kinésithérapeute cherche à amener plus de sang vers la zone ciblée car un meilleur flux sanguin apporte plus d’oxygène et de nutriments, ce qui facilite la guérison de votre corps.
La thérapie par le froid ralentit la circulation, aidant ainsi à réduire l’inflammation, les spasmes musculaires et la douleur. Votre kinésithérapeute alternera les thérapies par la chaleur et par le froid.
La TENS (Neurostimulation électrique transcutanée): Vous pouvez même l’utiliser chez vous, si votre thérapeute l’estime nécessaire. Une machine stimule vos muscles grâce à des intensités variables (mais sans danger) de courant électrique. La TENS peut augmenter la production d’endorphines, les analgésiques naturels de l’organisme. L’équipement TENS utilisé par votre kinésithérapeute est relativement plus gros que la machine que vous utiliserez peut-être chez vous. Cependant, qu’il soit petit ou grand, un appareil TENS peut être d’une grande aide.
Les Ultrasons: En augmentant la circulation sanguine, un ultrason aide à réduire les spasmes musculaires, les crampes, les gonflements, la raideur et la douleur. En envoyant des ondes sonores en profondeur dans les tissus musculaires, il crée une douce chaleur qui favorise la circulation et la guérison.
Dans la partie active de votre kinésithérapie, votre médecin vous montrera des exercices qui vous aideront à bâtir et à préserver une colonne vertébrale forte, endurante, souple et stable. Certains de ces exercices aideront à renforcer vos abdominaux, car ils soutiennent votre dos, mais ces exercices seront plus que de simples abdos. Votre kinésithérapeute créera un programme individualisé, en prenant en compte votre santé et votre passé. Vos exercices ne seront pas forcément adaptés à une autre personne souffrant de sténose spinale.

Exercices pour la sténose spinale

Si vous souffrez à cause d’une sténose spinale, la dernière chose dont vous avez envie est sûrement de faire de l’exercice. Vous devriez assurément éviter les activités qui nécéssitent trop votre colonne (les sports de contact, par exemple). D’un autre côté, vous ne devriez pas arrêter totalement de faire de l’exercice car des muscles forts et en bonne santé offrent un meilleur soutien à votre dos. De plus, si vous ne bougez pas du tout (vous croyez que rester allongé soignera votre douleur ?), sachez que vous pourriez en réalité aggraver votre situation.
Marcher et s’étirer, dans la mesure du raisonnable, sont des exercices appropriés si vous souffrez d’une sténose spinale. Nager est également un exercice idéal car cela fait travailler tous les muscles de votre dos dans un environnement sans danger et thérapeutique. L’eau soutient bien votre poids, ce qui signifie que votre dos ressent moins de pression. Vous pourriez également marcher dans l’eau.

Les médicaments et injections dans la colonne pour soigner la sténose spinale

À moins que vos symptômes soient vraiment graves, votre docteur choisira sûrement de commencer votre traitement par des médicaments.

Vous serez sûrement d’accord: l’objectif principal est de soulager votre douleur et votre inflammation. Les analgésiques tels que l’Acétaminophène (Tylenol®) peuvent contrôler la douleur mais n’ont aucun effet sur l’inflammation.
Si vous voulez combattre la douleur et l’inflammation, vous devriez envisager des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS). Ces produits soulagent la douleur et réduisent l’inflammation et le gonflement. Parmi les AINS, on trouve l’aspirine, l’Ibuprofen (Advil™ ou Motrin®), l’Indométhacine et le Naproxen.
Si vous souffrez d’un cas sérieux de sténose spinale, votre docteur fera peut-être une injection de corticostéroïde dans le liquide céphalo-rachidien autour de votre moelle épinière et de vos racines nerveuses. On l’appelle aussi injection péridurale de stéroïdes. Elle cible l’espace péridural autour de la membrane qui recouvre la moelle épinière et les racines nerveuses. Les nerfs parcourent l’espace péridural vers la nuque, les épaules, les bras et les jambes. Si une racine nerveuse est enflammée dans l’espace péridural, cela peut être douloureux.
Une injection péridurale envoie un anti-inflammatoire dans l’espace péridural pour diminuer l’inflammation des racines nerveuses. L’injection péridurale peut apporter un soulagement total et permanent ou réduire votre douleur pendant plusieurs mois.
Les corticostéroïdes peuvent être particulièrement utiles pour traiter les douleurs qui se propagent à l’arrière de votre jambe. Nombreuses sont les personnes qui déclarent avoir ressenti un soulagement presque immédiatement après avoir reçu une injection. Mais les corticostéroïdes peuvent avoir des effets secondaires de taille. Ces derniers sont rares mais vous devez les connaître et discuter des risques avec votre médecin.
Les effets secondaires potentiels des corticostéroïdes incluent :
• Une douleur accrue là où a eu lieu l’injection
• De la fièvre suite à l’injection (si votre température dépasse 38,3°C pendant plus de 24 heures, informez-en votre docteur)
• L’anxiété
• Un gain de poids
• Des troubles du sommeil
• Un taux de sucre élevé (surtout chez les diabétiques)
• L’hypertension artérielle
• Une capacité diminuée à combattre les infections (surtout chez les personnes ayant déjà une infection)
• Des ulcères à l’estomac
• Des lésions des os dans vos grandes articulations, comme vos hanches (ce qu’on appelle nécrose avasculaire)
• Des cataractes

Après une injection péridurale, appelez immédiatement votre docteur si vous:
• contrôlez difficilement votre vessie et/ou vos intestins
• perdez la sensation et/ou la fonction de vos bras ou de vos jambes
• souffrez d’un mal de tête terriblement douloureux au moment de vous asseoir ou de vous lever et que la seule façon d’y remédier est de vous allonger
• souffrez d’une douleur extrême qui ne part pas lorsque vous essayez des mesures classiques contre la douleur (ex : des médicaments sans ordonnance)

À cause de ces graves effets secondaires potentiels, la plupart des docteurs limitent le nombre d’injections à un patient. Le nombre que ce dernier reçoit sera déterminé par de nombreux facteurs. Assurez-vous de parler de ce problème avec votre docteur.

Les traitements alternatifs pour la sténose spinale: acupuncture et massage

Voici les traitements alternatifs pour la sténose spinale: des alternatives aux médicaments, à la kinésithérapie et à la chirurgie. Vous pouvez décider d’aller consulter un praticien de la médecine non conventionnelle (MNC) ; La MNC regroupe en quelque sorte les pratiques et thérapies qui ne sont pas considérées comme faisant actuellement partie de la médecine conventionnelle. Cela regroupe l’acupuncture, l’homéopathie et le massage. Bien que ces traitements alternatifs soient considérés comme ne faisant pas partie de la médecine occidentale traditionnelle, de nombreux patients ont affirmé que ces traitements les avaient réellement aidés.
Pour traiter vos douleurs dues à une sténose spinale, vous pourriez envisager:
L’acupuncture: Les acupuncteurs pensent que votre corps renferme une force énergétique appelée Qi ou Chi. Selon eux, lorsque votre Chi est bloqué, vous pouvez développer des maladies physiques. L’acupuncture sert à rétablir un flux Chi énergétique et sain. (Cette approche orientale de la guérison diffère des concepts scientifiques occidentaux. Elle n’en est pas pour autant meilleure ou pire, elle est juste différente).
En acupuncture, le praticien plante de fines aiguilles dans votre corps en des points spécifiques, et sincèrement, ce n’est pas douloureux!
Le massage: Vos douleurs seront peut-être soulagées grâce à un bon massage car celui-ci détendra vos muscles crispés (et la tension peut aggraver votre douleur).

Les examens en cas de sténose spinale

Diagnostiquer une sténose spinale peut être un vrai défi. Ses symptômes peuvent ressembler à ceux d’autres maladies, et ils peuvent également aller et venir. Pour découvrir la cause de votre sténose spinale, votre docteur devra pratiquer plusieurs examens et tests, afin de développer un plan de traitement adapté (une manière de gérer votre douleur et d’autres symptômes et de vous aider à guérir).
Lors de votre visite, le spécialiste de la colonne vous interrogera sur vos symptômes actuels et les remèdes que vous avez déjà essayés. Il ou elle vous posera des questions typiques, telles que :
• Quand a commencé la douleur?
• Quelles activités avez-vous récemment pratiquées ?
• Qu’avez-vous fait contre cette douleur dorsale ?
• Votre douleur est-elle fixe ou se déplace-t-elle vers d’autres parties de votre corps (ex : vers vos jambes ou vos bras) ?
• Y a-t-il quelque chose qui réduise ou empire la douleur ? De manière plus spécifique, le fait de descendre une pente a-t-il un effet sur la douleur ? Que se passe-t-il quand vous vous penchez en avant ou que vous vous asseyez ?

Vous devrez peut-être également passer des tests radiographiques pour aider votre docteur à diagnostiquer la cause de votre douleur.
Il se peut que vous passiez une radio, qui montrera l’espace discal rétréci, les fractures, les becs de perroquets (ostéophytes), ou l’ostéoarthrite. Un scanner (ou tomodensitomètre) ou une Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) peuvent montrer une hernie discale ou exclue.
Une scintigraphie osseuse. Celle-ci aidera votre docteur à détecter des problèmes de la colonne, tels que l’ostéoarthrite, des fractures ou des infections.Vous aurez une très petite quantité de liquide radioactif injecté dans un vaisseau sanguin. Il traversera votre sang et sera absorbé par vos os. Le liquide radioactif sera plus absorbé par une zone où l’activité est anormale, comme une inflammation. Un scanner pourra alors détecter la quantité de radiations dans tous vos os et montrera les « points chauds » pour aider votre docteur à repérer où se trouve le problème.
Myélogramme. Dans ce test, on injectera un colorant spécial dans la zone entourant votre moelle épinière et vos nerfs, (avant cela, la zone sera anesthésiée) puis vous passerez un scanner. L’image montrera une représentation anatomique détaillée de votre colonne, en particulier de vos os et le docteur pourra alors voir si quelquechose appuie sur vos nerfs.

La Chirurgie contre les douleurs dorsales

Peut-être craignez-vous de devoir passer par la chirurgie du dos, mais en réalité, seuls 5% de la population nécessitent une opération pour traiter un problème dorsal. Votre douleur est peut-être intense mais la plupart des problèmes de muscles tendus ou froissés ne requièrent pas d’opération chirurgicale. Celles-ci sont réservées aux cas les plus graves de douleurs dorsales (pincement de la moelle épinière, déformation structurale, cas sérieux de sténose spinale).
Vous ne devriez envisager la chirurgie qu’après avoir essayé un traitement non chirurgical pendant plusieurs mois. De nombreuses procédures chirurgicales peuvent être pratiquées en utilisant des techniques peu invasives, c’est-à-dire en « ouvrant » moins le corps. Ces techniques impliquent des incisions plus petites, une hospitalisation plus courte, une douleur moins intense après l’opération et un rétablissement plus rapide.
Parmi les chirurgies classiques de la colonne, on trouve :
La Facetectomie: Une procédure qui retire une partie de l’articulation zygapophysaire (une structure osseuse dans le canal rachidien) pour augmenter l’espace.
La Foraminotomie : Une procédure qui retire le foramen (la zone où les racines nerveuses quittent le canal rachidien) pour agrandir la voie nerveuse. Cette chirurgie peut-être pratiquée seule ou avec une laminotomie.
La Laminoplastie: Une procédure qui part de la nuque pour atteindre le rachis cervical (nuque), ensuite reconstruit pour laisser plus de place au canal rachidien.
La Laminotomie: Une procédure qui retire uniquement une petite portion de la lame vertébrale (une partie de la vertèbre) pour soulager la pression exercée sur les racines nerveuses.
La Microdiscectomie: Une procédure qui retire un disque par le biais d’une très petite incision faite à l’aide d’un microscope.
La Laminectomie Lombaire: Une procédure servant à traiter la sténose spinale en soulageant la pression exercée sur la moelle épinière. Une partie de la lame vertébrale (une partie d’une vertèbre) est retirée ou taillée pour élargir le canal rachidien et donner plus de place aux nerfs spinaux.
Si votre docteur vous recommande la chirurgie, demandez-lui toujours l’objectif de l’opération, les résulats auxquels vous pouvez vous attendre et les complications possibles. N’hésitez pas à demander une seconde opinion si on vous suggère une opération chirurgicale du dos, c’est votre droit. Votre docteur vous adressera à un spécialiste qui examinera à son tour votre problème.