Depuis des décennies, il est recommandé de faire de l’exercice pour traiter une douleur vive dans le bas du dos. Le terme « exercice » est assez large et regroupe l’aérobic et le fitness cardiovasculaire, ainsi que des exercices de souplesse et de renforcement musculaire. Il va de soi de recommander aux patients souffrant de douleurs vives dans le bas du dos de retrouver la forme autant que possible.
Scientifiquement Prouvé
Comment y parvenir? C’est une autre question, sur laquelle la littérature scientifique est partagée. Selon Cady et al, les pompiers avec une moins bonne forme physique que les autres souffrent plus souvent de douleurs dans le bas du dos. Malheureusement, ceux-ci sont également plus vieux. De plus, l’étude ne s’est pas intéressée aux douleurs dans le bas du dos survenues auparavant.
Une étude suivie a montré qu’il était plus coûteux de traiter les pompiers en moins bonne forme, suggérant ainsi les avantages du fitness aérobique. Ce sport peut améliorer le flux sanguin et l’oxygénation des tissus, parmi lesquels les muscles, les os et les ligaments de la colonne.
Des exercices d’aérobique peuvent également diminuer l’impact psychologique d’une douleur dans le bas du dos car ils améliorent l’humeur, atténuent la dépression et favorisent la tolérance à la douleur. En théorie, des exercices d’aérobique peuvent favoriser la capacité du corps à briser les tissus cicatriciels par un activateur du plasminogène des tissus. Faire du fitness aérobique est un objectif raisonnable, en complément d’un programme d’exercices actifs qui se concentre sur la restauration d’une mobilité lombo-sacrée normale, le renforcement du tronc et des mécanismes corporels appropriés. Un programme d’aérobique seul serait trop simpliste, insuffisant pour être bénéfique à la plupart des patients et susceptible d’être à l’origine de douleurs.
Il vaut mieux éviter le déconditionnement en évitant l’alitement et l’immobilisation. Les patients relativement déconditionnés devraient pratiquer des exercices d’aérobique de base incluant un réchauffement approprié, un refroidissement et une évaluation de l’intensité ciblée des exercices grâce au rythme cardiaque et à l’estimation de l’effort perçu.
Le Renforcement
La littérature scientifique est partagée au sujet de l’efficacité des exercices de renforcement dans le traitement des douleurs vives dans le bas du dos. C’est en partie dû au mauvais plan d’étude, à la difficulté de trouver un échantillonage aléatoire et au manque de diagnostics spécifiques dans la plupart des études.
Il y a également eu des débats sur le mérite des exercices de flexion-extension pour le traitement de divers problèmes de bas du dos. Certaines études ont montré que les exercices de flexion aidaient les patients atteints de dysfonctionnements des éléments postérieurs, tels que la spondylosis et la spondylolistesis. D’autres ont montré l’efficacité d’un programme basé sur l’extension chez les patients souffrant de lombalgies d’origine discale. Les exercices unidirectionnels sont trop simplistes pour répondre aux multiples changements physiopathologiques qui apparaissent lors d’épisodes de douleurs dans le bas du dos, vives ou récurrentes.
La Méthode McKenzie
L’approche McKenzie des pathologies discales ne s’intéresse ni à la flexion ni à l’extension mais à la centralisation de la douleur. Le programme McKenzie n’est entamé qu’après une évaluation complète dans laquelle sont découvertes les positions qui centralisent la douleur. L’objectif global de ce programme complet d’exercices est de réduire la douleur, de développer le soutien musculaire du tronc et de la colonne et de diminuer le stress accumulé dans les disques intervertébraux et autres stabiliseurs statiques de la colonne.
Les séances thérapeutiques doivent être activement dirigées et limitées à un nombre qui garantit que le patient comprend le concept du programme entier, pratique les exercices avec une bonne technique et peut les effectuer de manière indépendante chez lui. De plus, un entraînement spécifique doit être intégré afin qu’on apprenne aux patients à maintenir une colonne neutre et un soutien musculaire dynamique de la colonne dans toutes les activités de leur vie quotidienne, au travail et dans leurs loisirs. Les personnes ne connaissant pas d’amélioration au bout de six séances devront être ré-évaluées et le thérapeute devra revoir leur plan de traitement. Le succès de ces programmes complets est à présent bien documenté.
