Une Maladie Antique
La Spondylarthrite Ankylosante (SA) est une maladie inflammatoire chronique qui a pour résultat l’ossification (formation d’os) des articulations et des endroits où les tendons et les ligaments sont reliés aux os. Cette maladie existe depuis bien longtemps. Les premiers signes de SA ont été retrouvés dans les restes squelettiques d’une momie égyptienne vieille de 5000 ans. Des médecins renommés dans les années 1800 ont également établi des descriptions de la SA, parmi lesquels W. von Bechterew (1883), Adolph Strumpell (1897) et Pierre Marie (1898). Voilà pourquoi la SA est également connue sous le nom de Maladie de Bechterew ou Maladie de Marie-Strumpell.
Une Forme d’Arthrite Chronique
La Spondylarthrite Ankylosante fait partie d’un groupe de maladies rhumatismales appelées « spondylarthropathies séronégatives » (articulations vertébrales) qui ont en commun l’antigène HLA-B27. La plupart des personnes présentant l’antigène HLA-B27 ne développent pas une SA. Elle est connue pour affecter approximativement 1,4% de la population globale, les hommes plus souvent que les femmes. La gravité de cette maladie et la rémission varient selon les individus.
La Dégradation de la Colonne
La SA peut être une maladie insidieuse douloureuse, responsable d’une fusion des articulations costovertébrales (côtes), d’une destruction des plaques motrices vertébrales, d’une sclérose sous-chondrale (durcissement du cartilage), d’un rétrecissement des articulations et de l’ostéoporose. La maladie peut se présenter au départ sous la forme d’une douleur dans le bas du dos, d’une raideur et d’une sensibilité des articulations du sacrum. La SA est connue pour remonter progressivement vers le rachis cervical.
La formation non naturelle d’un os peut entraîner une raideur des plateaux vertébraux, avec pour conséquence une maladie appelée Colonne Bambou. Avec le temps, la colonne peut prendre l’apparence d’un long os raide très susceptible de se fracturer.
Tandis que la colonne subit une inflammation et un changement de structure, la déformation peut prendre la forme d’une courbe prononcée entraînant une posture irrégulière et/ou une allure « menton sur poitrine ». Si le rachis thoracique est affecté, cela peut restreindre l’ampliation de la poitrine. De plus, à cause de la déformation, le patient sera peut-être incapable de regarder droit devant lui, aura des difficultés à respirer et sera plus susceptible de subir un traumatisme.
La Mesure Menton-Front
La technique menton-front est une méthode utilisée par le médecin pour mesurer l’angle de l’incurvation. Une courbe plus prononcée signifiera un angle plus grand. Le médecin effectue cette mesure périodiquement et la compare à une base de reference pour contrôler les changements progressifs de la colonne. Ce test a pour but de déterminer si une intervention chirurgicale est nécessaire.
Traitement Non-Chirurgical de la Maladie
Il est primordial de soulager les symptômes du patient (ex : douleur, raideur) et d’empêcher une déformation de la colonne. Un traitement conservateur peut comprendre des agents anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) et la kinésithérapie.
Certains AINS agissent en inhibant la cyclo-oxygénase. C’est une enzime qui aide à produire des prostaglandines, les substances actives responsables de l’inflammation. Parmi ces médicaments, on trouve, entre autres, l’Indomethacin, le Naprosyn, le Diclofenac et le Fenoprofen.
La kinésithérapie aide le patient à renforcer les muscles de son dos et à augmenter sa souplesse et la portée de ses mouvements. Les patients pourront apprendre à améliorer leur respiration. Une activité quotidienne et un entraînement renforcés peuvent aider à éviter la fusion et à améliorer la posture.
Les Signes d’un Besoin Chirurgical
La plupart des patients atteints de SA ne nécessitent pas d’opération chirurgicale. Toutefois, lorsque les médicaments ne soulagent pas la douleur ou que celle-ci devient insoutenable, qu’un déficit neurologique existe, que la stabilité de la colonne devient compromise, que la position ne peut plus soutenir un regard horizontal, ou qu’une déformation spinale réduit les activités quotidiennes, la chirurgie est recommandée.
Le chirurgien évalue l’âge, le sexe, l’activité, la déformation, la qualité de vie, le caractère approprié de l’opération et la rééducation post-opératoire du patient. Chaque patient est unique. La chirurgie en elle-même est délicate et potentiellement dangereuse. Les avantages possibles pour le patient comprennent une douleur réduite, une mobilité améliorée, une meilleure « fonctionnalité » et moins de gêne physique.
Le Traitement Chirurgical
Le chirurgien a le choix entre plusieurs procédures. Le type de chirurgie dépend de l’angle de la déformation, de la stabilité de la colonne, de l’implication neurologique et de nombreuses autres variables.
L’ostéotomie de la colonne implique l’ablation de l’os (vertèbre). Celui-ci est coupé pour corriger la ou les déformations angulaires. L’os est réaligné et peut alors guérir. L’instrumentation et la fusion de la colonne sont combinées avec une ostéotomie pour stabiliser la colonne pendant la guérison et la fusion.
Redonner à la colonne un aspect plus naturel nécessite des procédures chirurgicales qui impliquent plus d’une zone de la colonne. Par exemple, les régions lombaire et thoracique peuvent être modifiées pour assurer une meilleure correction. Une fois encore, les procédures et les zones devant être corrigées dépendent des besoins individuels du patient.
Après une chirugie thoracolombaire, le patient porte un corset semblable à une veste pendant plusieurs mois. Celui-ci stabilise la colonne pendant le processus de guérison.
Pour Conclure
Bien que la Spondylarthrite Ankylosante puisse avoir comme conséquence une importante déformation de la colonne, pour la plupart des patients, la chirurgie n’est pas nécessaire. Souvent les symptômes de la SA peuvent être traités avec des médicaments et de l’exercice. Les changements de style de vie, tels qu’un arrêt total de la cigarette, peuvent être bénéfiques.
Pour les quelques patients devant passer par une correction chirurgicale de la déformation de la colonne, n’oubliez pas que ce n’est pas une tâche facile et qu’elle nécessite un chirurgien très expérimenté.
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