Archive pour catégorie La Lombalgie

Lombalgie aigüe et médicaments

De nombreux éléments peuvent s’avérer utiles lorsqu’il s’agit de trouver une réponse à la phase douloureuse de la lombalgie. Il faut établir une médication spécifique en tenant compte (1) des indications (2) des contre-indications (3) des objectifs du traitement (analgésie, réduction de l’inflammation, du spasme musculaire ? etc.) et (4) de la preuve scientifique et clinique de leur efficacité.
Ainsi, avec un bon choix de médicaments contre la douleur et une réaction positive, on peut améliorer l’état du patient à travers une rééducation plus active et éviter le développement d’un problème chronique.
Conditionnement aérobie et lombalgie

Un examen de thérapie physique pour une lombalgie permet bien souvent à un physiothérapeute d’identifier les mouvements et positions particuliers qui, de fait, permettent de diminuer ou contrôler la douleur. Une fois les techniques de contrôle de la douleur assimilées, le patient doit progresser rapidement vers un programme de conditionnement aérobie. Il a été prouvé qu’une activité aérobie participe à l’apport en nutriments des éléments structurels de la colonne vertébrale. Certains de ces éléments, comme les disques, ont un ravitaillement sanguin assez pauvre, et comptent sur les mouvements du corps et les gestes aérobies pour faire circuler les nutriments jusqu’à eux. Plus une personne est sédentaire, moins ces nutriments ont la possibilité d’accéder aux éléments structurels de la colonne pour les maintenir en bonne santé.
Le patient doit choisir ses activités aérobies en fonction de ses goûts et de sa disponibilité, et ces activités doivent correspondre au type de problème auquel il fait face. Généralement, un programme de marche, de vélo elliptique ou stationnaire sont des bons choix. Il faut s’adonner à l’exercice au moins trois fois par semaine, pour des sessions de trente à quarante minutes.
Un programme de thérapie physique de la lombalgie de nature active et axé sur l’enseignement au patient des techniques d’auto-soin et de prévention des blessures dorsales sont les ingrédients-clés du retour d’une personne à un mode de vie libéré de toute douleur, actif et sain.

L’acupuncture et la médecine traditionnelle chinoise

Pourquoi est-on si nombreux à connaître des douleurs, particulièrement dans le bas du dos ? Médecins et patients posent la question avec un degré de frustration variable. Je voudrais proposer ici une autre manière d’envisager la lombalgie, sous l’angle de la médecine chinoise.
La médecine traditionnelle chinoise est une pratique orientale millénaire qui a connu un regain d’intérêt dans notre monde occidental au cours des dernières décennies. Elle englobe les pratiques de l’acupuncture (ak-u-punk-chur), de la phytothérapie, de la moxabustion (mox-ah-bust-shun), et du Tui-Na (toui-nah) ou massage thérapeutique, et on y inclut souvent les thérapies nutritionnelle et respiratoire (le Qi-Gong, prononcez « tchi-gong »).
En novembre 1997, le National Institute of Health américain a publié un communiqué consensuel affirmant qu’il y avait suffisamment de preuves concrètes des effets de l’acupuncture pour en soutenir la pratique (dans certains cas). Une étude plus poussée de sa physiologie et sa valeur clinique a quand même été encouragée, et des résultats prometteurs en sont ressortis quant à son efficacité dans le traitement des lombalgies. Je voudrais également préciser que la pratique de l’acupuncture n’exclut pas celle, concurrente, des méthodes thérapeutiques occidentales, et bien souvent, le succès du traitement d’un patient est le fruit de leur combinaison.
Théorie de la médecine traditionnelle chinoise
Lorsque, dans le monde médical occidental, on diagnostique chez un individu un « problème de dos », qu’il s’agisse de spondylarthrose, d’arthrose vertébrale, du prolapsus d’un disque ou de l’élongation d’un muscle ou d’un ligament lombaires, la thérapie se concentre alors exclusivement sur la région du bas du dos, et les solutions de traitement mises en place sont des thérapies de l’ordre de la chirurgie spinale, de la thérapie physique, d’une intervention pharmaceutique ou d’injections de cortisone ou de type épidural. Ces méthodes sont tout à fait acceptables, mais quel intérêt si elles ne réduisent pas la douleur ? Et surtout, que fait-on de la cause sous-jacente de la faiblesse dorsale ? Ne peut-on pas renforcer ce talon d’Achille caché ? Considérons cette possibilité sous l’angle de la médecine chinoise.
Même si, à sa manière, le système médical traditionnel chinois est bien logique et scientifique, tout le sépare du système occidental moderne et il n’est pas toujours évident de l’expliquer à travers le regard rationnel de la médecine occidentale. Pour que notre esprit puisse assimiler le système de la médecine traditionnelle chinoise, qui a porté ses fruits, il faut ouvrir notre façon de voir les choses et considérer chacun de ces deux systèmes comme valide, tout en apprenant à en accepter les ressemblances et les différences.
On peut considérer que la médecine chinoise voit son origine dans la théorie du Ying et du Yang. En plus de décrire tout ce qui existe dans la nature, le Ying et le Yang s’appliquent parfaitement à toutes les parties et fonctions du corps. En effet, ils sont dans un état constant d’équilibre dynamique ; quand cet équilibre est menacé, la maladie devient possible. Prenons un exemple dans la nature : l’équilibre dynamique caractérisant les cycles solaire (Yang) et lunaire (Ying). Dans une période de 24h, chaque cycle est unique, remplace l’autre et a besoin de lui pour trouver un équilibre global (dans une perspective, bien sûr, purement terrienne). Le Ying et le Yang ont chacun un rôle personnel dans le corps et pourtant, l’un ne peut exister sans l’autre ; par exemple, le Ying représente l’immobilité, la forme et le sang alors que le Yang est activité, fonction et Qi.
Le Qi a besoin du sang qui le nourrit, tout comme le sang a besoin du Qi pour circuler. On peut définir le Qi comme énergie, force matérielle, courant électromagnétique, matière, éther, force vitale ou force de vie. Le Qi parcourt le corps entier, par des canaux ou méridiens qui en atteignent le moindre recoin. Il faut comprendre que ces canaux n’ont rien à voir avec les trajectoires empruntées par les réseaux nerveux, vasculaire et lymphatique de la médecine occidentale. Grosso modo, il nous est attribué à notre naissance une réserve de Qi, et lorsque ce réservoir est vide, notre force de vie nous a quittés : en d’autres termes, on meurt. Cette réserve, selon la théorie de la médecine chinoise, est implantée dans le système organique des Reins, et distribuée dans tous nos organes, glandes et canaux de manière très systématique. En raison de la complexité de ce canal parcourant le corps, l’évocation d’un organe comme les Reins inclut beaucoup plus que le seul organe au strict sens anatomique. Chaque système d’organes a ses représentations du Ying et du Yang, son propre équilibre hormonal, et un Qi et des fonctions sanguines spécifiques, qui jouent un rôle vital de connexion, via les canaux, avec les autres systèmes et le reste du corps, et font de ce dernier un système holistique. En d’autres mots, il est impossible, pour la médecine traditionnelle chinoise, de considérer un organe ou une partie du corps de manière isolée, sans envisager le système du corps dans son ensemble. Vous vous demandez le rapport de tout cela avec votre lombalgie ?

Le paracétamol dans le traitement de la lombalgie aigüe

Le paracétamol est le membre principal du groupe de médicaments dérivés du para-aminophénol. Si ses effets analgésiques et antipyrétiques (qui font baisser la fièvre) sont équivalents à ceux de l’aspirine, ses propriétés anti-inflammatoires sont faibles. Ses effets thérapeutiques sont le résultat d’une inhibition de la biosynthèse des prostaglandines (médiatrices d’inflammation) avec pour conséquences une élévation du seuil de tolérance à la douleur et une modulation du centre thermorégulateur qu’est l’hypothalamus (partie du cerveau qui active certaines sections du système nerveux). On note avant tout des effets centraux du paracétamol ; ses effets périphériques sont moindres : il n’a qu’un faible rôle inhibiteur de la cyclo-oxygénase (l’enzyme permettant la fabrication des prostaglandines) et n’inhibe pas l’activation des neutrophiles (qui œuvrent pour éliminer les déchets cellulaires), ce que font d’autres AINS (anti-inflammatoire non-stéroïdiens).

Propriétés analgésiques

Dans le cadre de la lombalgie aigüe, l’usage analgésique du paracétamol est probant. De nombreuses études ont mis en lumière la supériorité du paracétamol sur un placebo pour traiter la douleur liée à l’arthrose, et c’est cette efficacité  qui en a fait une prescription de premier ordre dans le traitement cette maladie. Une étude menée par Bradley en 1991 a comparé les propriétés analgésiques du paracétamol et de l’ibuprofène dans le traitement de la douleur associée à l’arthrose du genou. Sur une période de quatre semaines, le paracétamol s’est révélé à la fois aussi efficace qu’un régime analgésique de Motrin à doses basses et qu’un régime anti-inflammatoire à doses fortes de cet ibuprofène, pour ce qui est de soulager la douleur et conduire à une amélioration fonctionnelle.
Une étude de 1982 a comparé le paracétamol au diflunisal (Dolobid), un AINS dérivé de salicylate (agent anti-inflammatoire), dans le traitement des lombalgies chroniques. Trente patients avec des antécédents, allant de six mois à plusieurs années, de douleurs dorsales considérées comme secondaires à une pathologie facettaire, se sont vus administrer au hasard l’un ou l’autre traitement durant quatre semaines ; les résultats les plus probants ont été ceux des AINS.

Dosage et effets secondaires

La dose orale tolérée de paracétamol est de 325 à 1000 mg toutes les quatre à six heures, pour une prise journalière devant pas excéder 4000mg. Sa présence dans le plasma ainsi que ses effets culminent habituellement dans une période de 30 à 60 minutes après ingestion. Le paracétamol est généralement disponible sans ordonnance et relativement bon marché.
En dehors de l’apparition occasionnellement observée d’érythèmes (peau qui rougit par inflammation) ou de rougeurs cutanées (urticaire) multiples, enflées et sources de démangeaison, l’effet pervers le plus lourd d’un surdosage aigu de paracétamol est l’hépatotoxicité (la détérioration du foie). Chez l’adulte, elle peut être causée par une dose seule de 10 à 15 grammes. Un abus plus chronique de paracétamol a montré des liens avec une néphrotoxicité, c’est-à-dire une détérioration de reins.
Les effets analgésiques du paracétamol en font un mode de traitement appréciable de la lombalgie aigüe. Il est bon marché, et en général sa prise n’entraîne pas de complications. Bien qu’efficace pour combattre la douleur légère à modérée de certains cas de lombalgie aigüe, il n’offre pas au patient les autres effets recherchés contre les inflammations, les spasmes musculaires ou les troubles du sommeil. Son efficacité en tant qu’analgésique pour les troubles lombaires accompagnés d’une douleur sévère est plus discutable.