Gérer la douleur ?

Le saviez-vous ? Plus de 86 millions d’Américains souffrent de douleurs. Et plus de 80% connaitront au moins un épisode de mal de dos au cours de leur vie. C’est un mal répandu, et l’une des premières raisons poussant à solliciter des soins médicaux. Nombreuses sont les causes : un effort violent, la sténose spinale, ou encore de l’arthrose… Comment traiter la douleur ? Que se passe-t-il si elle ne se dissipe pas ? Voici quelques informations sur la gestion de la douleur ; au sommaire :
• Les différents types de douleur
• Le rôle du spécialiste de la gestion de la douleur
• Le diagnostic : déterminer les causes du mal
• Les traitements
• Contrôler la douleur pour vivre mieux
Les différents types de douleur
On différencie généralement douleur aigüe et chronique. Voir ci-dessous pour des définitions plus détaillées et des exemples.
Une douleur aigüe apparaît de manière soudaine ; elle est souvent décrite comme vive. C’est une sorte de signal envoyé par le corps pour dire que quelque chose ne va pas. Dans la plupart des cas, une douleur aigüe est vite résorbée, même si, par définition, elle peut durer de 3 à 6 mois. On peut généralement prévoir les tendances du rétablissement, ce qui facilite le développement d’un programme de soins. Les spécialistes ont compris l’importance du contrôle d’une douleur aigüe afin de l’empêcher de devenir chronique. Parmi les causes, on compte :
• Les fractures osseuses (touchant la colonne vertébrale)
• Les brûlures, les coupures
• Certaines maladies
• Une intervention dentaire
• Le travail de l’accouchement
• Un endommagement des tissus mous, comme un traumatisme cervical
• La douleur chirurgicale (postopératoire)
Une douleur est chronique lorsqu’elle dure plus de 6 mois, qu’elle est continuelle et éventuellement sévère. C’est la douleur la plus difficilement soignable. Une approche multidisciplinaire, impliquant plusieurs spécialistes pour des traitements séparés ou combinés, est devenue la norme. Ces spécialistes peuvent être des psychiatres ou encore des anesthésistes.
Les symptômes sont à la fois physiques et émotionnels ; dans la première catégorie, on recense des contractions musculaires, une perte de la mobilité, un manque d’énergie et d’appétit. Les symptômes émotionnels peuvent être tout aussi dévastateurs, et aller jusqu’à la dépression, l’irritabilité et l’anxiété. Parmi les causes, citons :
• L’arthrite (et l’arthrose)
• Le cancer
• Une dégénérescence des disques vertébraux, ou d’autres problèmes de la colonne vertébrale
• Un dysfonctionnement nerveux (avec ou sans endommagement des nerfs)
• Un dommage sur un tissu mou, comme un traumatisme occasionné par une chute ou un accident de la circulation
• Une affection ou blessure sans cause somatique apparente (on parle de douleur psychogénique)
De nombreuses sortes de douleurs existent, que l’on peut qualifier d’aigües ou de chroniques ; notamment :
La douleur myofasciale, causée par des points gâchettes douloureux qui la propagent dans un muscle ou un groupe de muscles. Un point gâchette est une zone localement sensible et vulnérable au sein d’un muscle ou au point de rencontre d’un muscle et d’un fascia (le tissu qui enveloppe le muscle comme une bande). La douleur myofasciale peut provoquer une « douleur projetée » : lorsqu’un point gâchette est touché, la douleur peut se faire sentir dans une autre région du corps. Elle peut être chronique ; on décrit la douleur comme tenace, brûlante, vive, telle un coup de couteau.
La douleur psychogénique : il s’agit d’une douleur physique bien réelle provoquée par un problème psychologique ; elle naît donc d’un désordre mental ou émotionnel.
La douleur radiculaire, ou radiculite, est due à l’inflammation de la racine d’un nerf spinal. On parle de « radiculite cervicale » ou de « radiculite lombaire » pour des douleurs partant respectivement d’un nerf cervical (dans le cou) ou lombaire (au bas du dos). Le terme sciatique est largement employé pour décrire une douleur descendant dans la jambe. D’autres troubles peuvent causer la compression d’un nerf spinal, une inflammation et être sources de douleur. Une tumeur ou un kyste de la colonne, une hernie discale, une sténose spinale ou une arthrose peuvent provoquer une radiculite.
La douleur somatique est provoquée par un dommage corporel ou tout autre événement qui affecte les récepteurs nerveux présents sur la peau, les ligaments, les muscles, les os ou les articulations. Elle peut être chronique et accompagne parfois un cancer.
La douleur viscérale est le fruit de l’endommagement ou la blessure d’organes internes.
Le rôle du spécialiste de la gestion de la douleur
Ces spécialistes se préoccupent des capacités fonctionnelles du patient et de sa qualité de vie. Si la douleur est chronique ou compliquée par un autre problème médical, le médecin généraliste dirigera le patient vers à un spécialiste de la douleur, un psychiatre par exemple, qui est un spécialiste de la médecine et de la réhabilitation physiques, et notamment des problèmes musculosquelettiques. Certains ont une formation poussée de l’approche interventionnelle de la douleur, une branche de la médecine dédiée au diagnostique et au traitement des troubles liés à la douleur.
Le spécialiste de la gestion de la douleur a pour tâche de développer un programme de soins destiné à soulager, réduire ou gérer la douleur et aider les patients à un retour rapide aux activités quotidiennes sans recours à la chirurgie ou à un traitement lourd. Afin de s’assurer de bien répondre à tous les besoins du patient, le spécialiste se charge de coordonner les soins au sein d’une équipe interdisciplinaire de professionnels de santé comprenant :
• Des physiatres
• Des anesthésistes
• Des internistes
• Des oncologues
• Des spécialistes de la chirurgie
• Des psychiatres
• Des psychologues
• Des infirmières
• Des ergothérapeutes
• Des physiothérapeutes
En tant que médecin concerné par la qualité de vie générale de son patient, le spécialiste de gestion de la douleur soigne la personne dans sa globalité et non une partie du corps isolée.
Le diagnostic : déterminer les causes du mal
Avant de pouvoir soigner le mal du patient, il faut en comprendre la cause. Parfois, elle est évidente, comme en cas de fracture spinale. En cas de douleurs chroniques, la ou les cause(s) peuvent être insaisissables et rendre le diagnostic difficile. Le praticien se base alors sur le dossier médical du patient et ses analyses physiques et neurologiques. Des outils additionnels permettent de confirmer ou de réfuter un diagnostic hasardeux.
Le dossier médical détaillé
Il s’agit d’une conversation en profondeur entre médecin et patient au sujet du problème actuel de ce dernier, et de ses antécédents médicaux. Le médecin cherchera à savoir quand et comment est apparue la douleur, comment la décrit le patient, quelles activités l’augmentent ou la calment, quels traitements sont ou ont été mis en œuvre.
L’examen physique et neurologique
Un examen physique évalue les signes vitaux du patient : pouls, respiration, battements cardiaques, pression sanguine, etc. Un examen neurologique vise à évaluer les capacités sensorielles et motrices du patient : réflexes, équilibre, capacité de marcher, force et tonus musculaire.
Une radiographie est couramment passée afin de révéler la condition de la structure osseuse ; en fonction des résultats, d’autres tests peuvent s’avérer nécessaires.
Le scanner est une technique d’imagerie en 3 dimensions qui sert également à évaluer l’état des os et des tissus mous. Chaque image anatomique détaillée s’apparente à une vue ou coupe de la zone du corps en question.
L’IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) est un outil puissant ; on l’utilise en général pour évaluer l’appareil musculosquelettique, car il fournit beaucoup de détails sur les muscles et les tissus mous.
La tomographie par émission de positrons (TEP) utilise des radionucléides (des isotopes radioactifs) en petite quantité pour mesurer les changements dans les tissus au niveau cellulaire. On a recours à ce test en cas de suspections de cancer.
La discographie permet au médecin d’évaluer les disques intervertébraux (isolément ou par groupes) en tant que source potentielle de la douleur. Ce test évalue l’intégrité structurelle des disques et peut être utilisé pour obtenir une image d’une douleur au dos ou à la jambe. La procédure requiert l’injection d’un colorant dans chaque disque suspect afin que celui-ci puisse être examiné au rayon X ou au scanner.
Les outils d’électrodiagnostic incluent l’ECN (étude de la conduction nerveuse) et l’EMG (électromyographie)
L’ECN évalue la vitesse des impulsions nerveuses alors qu’elles parcourent un nerf. Ce test contribue à déterminer la présence de dégâts sur les nerfs, l’étendue de ces dégâts et si des nerfs ont été détruits.
L’EMG utilise la stimulation nerveuse pour évaluer l’activité électrique au sein des fibres musculaires sélectionnées. Ce test évalue la réaction des muscles et détecte les éventuels dégâts et maladies musculaires, ce qui peut être utile pour distinguer un problème musculaire d’un trouble nerveux.
Les deux tests sont généralement pratiqués ensemble, même si un ECN peut être accompli sans EMG.
Les traitements
La plupart des cas de douleur dorsale ou cervicale aigüe sont guérissables, on en identifie la cause et un programme de soins est mis en place. On arrive généralement à réduire la douleur ou même à l’éliminer complètement. Ce n’est pas aussi simple pour les douleurs chroniques, qu’il faut bien souvent apprendre à gérer avec le temps ; la difficulté à en déterminer les raisons en est la cause. Le programme thérapeutique peut réclamer des soins multiples et/ou combinés. La complexité d’une douleur chronique peut impliquer une plus longue période de rétablissement pour le patient. Au nombre des diverses thérapies à partir desquelles créer un programme de soins, on trouve :
La modification d’activité
C’est l’un des premiers principes qui interviennent dans le traitement suggéré au patient ; l’idée est de limiter les activités qui intensifient le trouble existant.
Les médicaments
Certains ne se contentent pas de soulager la douleur, mais réduisent aussi l’inflammation et participent au relâchement des spasmes musculaires. On peut en trouver beaucoup dans n’importe quelle pharmacie ; citons :
• Le paracétamol (le Tylenol*, parmi d’autres marques)
• Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) comme l’aspirine, l’ibuprofène, le naproxène, etc.
• Les coxibs ou inhibiteurs COX-2 sélectifs (seulement disponibles sur ordonnance) comme le Celebrex
• Les relaxants musculaires (Flexeril et autres, uniquement sur ordonnance)
• Les antidépresseurs (Cymbalta, Wellbutrin, Zoloft ; uniquement sur ordonnance)
• Les anticonvulsivants (Neurontin, Tegretol, Topamax ; uniquement sur ordonnance)
La thérapie physique
Elle combine les modes de traitement passifs et l’exercice physique thérapeutique. Quelques exemples de traitements passifs administrés au patient :
• La thermothérapie/cryothérapie
• Le massage (du tissu profond, suédois, neuromusculaire, etc.)
• La traction mécanique
• La neurostimulation électrique transcutanée (TENS)
Autres traitements non-chirurgicaux :
La chiropratique se base sur la conception selon laquelle un mauvais alignement des éléments de la colonne vertébrale peut provoquer maladie et douleur dorsale. Le traitement peut inclure l’usage de rayons X ; il s’agit d’un traitement non médicamenteux mettant en œuvre une manipulation manuelle du corps, et qui peut soulager la douleur myofasciale.
La médecine complémentaire ou alternative englobe de nombreuses sortes de traitements holistiques comme l’acupuncture, l’acupressure, les massages suédois et du tissu profond (entre autres), la rétroaction biologique et la phytothérapie.

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