Au cours de la vie, beaucoup d’entre nous subissent des douleurs cervicales, sans qu’on en connaisse, le plus souvent, les causes exactes. En fait, celles-ci peuvent être multiples : après une nuit inconfortable, vous vous levez avec un torticolis tenace. La voiture qui vous suivait vous a embouti, ce qui vous a valu un traumatisme cervical. Ou peut-être avez-vous fait un mauvais mouvement lors d’un cours d’aérobic intensifs.
Si la plupart d’entre nous connait les douleurs cervicales, la manière de les ressentir n’est pas la même pour tout le monde. Parfois, elle ne touche qu’un seul côté de votre nuque ; d’autres fois, elle attaque les bras. Une douleur peut même causer des maux de tête ou des vertiges terribles. Les symptômes peuvent disparaître au bout de quelques jours, ou bien s’inscrire dans la durer et vous handicaper au quotidien.
Peu importent les causes, ça fait mal, et êtes impatient de vous en débarrasser. Mais vous vous en doutez, tout comme les causes et symptômes des douleurs cervicales sont multiples, il y a plein de manières de les traiter : médicaments sans ordonnance, acupuncture, massage… Dans la plupart des cas, la chirurgie n’est pas nécessaire, mais elle peut s’avérer être la solution en ce qui vous concerne.
Vous le voyez, la notion de douleur cervicale ne se limite pas à un « simple » mal de cou, et c’est en en apprenant plus à son sujet que vous serez à même de vous attaquer efficacement au problème.
Anatomie de la douleur cervicale
Une tête, ce n’est pas rien à porter : elle peut peser jusqu’à 4 kilos, et même plus. Et le cou ne se contente pas de supporter tout ce poids : il vous permet aussi de hocher la tête, la secouer, la faire pivoter. C’est la partie la plus mobile de la colonne vertébrale, avec une possibilité d’inclinaison de 90° vers l’avant, 90° vers l’arrière, 180° latéralement, et presque 120° d’obliquité vers chacune des deux épaules.
D’un point de vue technique, on désigne le cou par « colonne cervicale » ; son commencement se situe à la base du crâne, et il contient 7 petits os (les vertèbres), recensées de C1 à C7 par les médecins (le « C » signifiant « cervicale »). Les nombres 1 à 7 donnent une indication du niveau des vertèbres : C1 est la plus proche du crâne, et C7 jouxte la poitrine.
Entre chaque vertèbre se trouve un anneau cartilagineux dur et fibreux chargé d’absorber les chocs : le disque intervertébral. Chaque disque est composé d’une couche extérieure, sorte de coussinet caoutchouteux (annulus fibrosus) et d’un noyau gélatineux au centre (nucleus pulposus).
En dehors des os et des disques, le cou se compose d’articulations, de muscles et de ligaments. Ce sont eux qui assurent sa mobilité et sa stabilité.
Le cou abrite la partie supérieure de la moelle épinière, les racines nerveuses, ainsi qu’un réseau élaboré d’artères et de veines. Les nerfs présents dans le cou permettent au cerveau de communiquer avec les épaules, les bras et la poitrine. Les artères et les veines assurent la circulation du sang entre le cerveau et le cœur.
Au final, le cou est une machine fascinante et complexe. Toutefois, en raison de ses grandes possibilités de mouvements, le risque de se blesser est élevé.
Douleurs cervicales : les symptômes
Afin d’optimiser le traitement, il est important de les identifier et de les comprendre. Les douleurs cervicales peuvent s’accompagner de symptômes tels que :
• Des courbatures sur un ou les deux côtés de la nuque
• Une sensation de brûlure
• Des picotements
• Une raideur
• Des douleurs au niveau des omoplates
• Une douleur, un engourdissement ou une faiblesse du bras
• Des difficultés à avaler, parler, écrire ou marcher
• Des maux de tête
• Des vertiges
• Des nausées
• Un brouillage de la vision
• De la fièvre
• Des sueurs nocturnes
• De la fatigue
• Une perte de poids involontaire
Une douleur cervicale, cela se traite correctement. Si la douleur ou les symptômes qui l’accompagnent persistent plus de quelques jours, consultez un médecin ; faites-le immédiatement si à la douleur s’ajoute l’un des signes d’urgence suivants :
• Une fièvre importante
• Une hypersensibilité à la lumière
• Une irritabilité
• Une grande douleur provoquée par les mouvements du cou
• Un engourdissement, une faiblesse et/ou des picotements
• Ou si vous avez récemment subi un traumatisme à la tête ou au cou
Les causes
Il est impératif de connaître la cause d’une douleur cervicale, cela conditionnera les solutions de traitement. Comme vous le savez certainement, la douleur peut être ressentie de plein de façons différentes. Elle peut être légère ou lourde, vous engourdir ou vous brûler, atteindre le cou ou bien la main. La multitude des symptômes est le fruit de la multitude des causes. Voici quelques causes fréquentes :
• Dans la vie quotidienne : Les aléas de tous les jours mettent le corps à rude épreuve, votre expérience personnelle vous place sûrement en première ligne pour vous en rendre compte. Le stress, la tension émotionnelle, peuvent entraîner crispations et contractures musculaires, sources de douleur et de raideur. Dormez dans une mauvaise position, et vous vous réveillerez avec un torticolis ; restez assis trop longtemps à votre bureau, les yeux rivés à votre ordinateur, votre cou sera courbaturé.
De même, votre mode de vie est peut-être à l’origine de votre douleur cervicale ; un mauvais maintien, l’obésité, une musculature abdominale faible perturbent bien souvent l’équilibre spinal, et pour compenser, vous ployez le cou.
Même une activité saine et anodine peut occasionner entorses et claquages, sources de douleur. Une séance de jardinage, un tennis, un rugby entre amis, et même le golf, toutes ces activités sont sources éventuelles de blessure au cou.
• L’âge : En vieillissant, notre colonne cervicale est de plus en plus directement exposée à des troubles comme l’arthrose, la sténose spinale ou la dégénérescence discale.
Avec la dégénérescence discale, il se peut que les disques se déshydratent, perdent leur flexibilité et leur élasticité, et amortissent moins bien les chocs. Avec le temps, un disque peut enfler et provoquer une hernie. La substance discale appuie alors sur une racine nerveuse et cause douleurs cervicales (pouvant courir jusqu’au bras), picotements et/ou engourdissements.
L’arthrose est une maladie courante qui touche les articulations, provoquant une détérioration progressive du cartilage. Sans cartilage, les os frottent les uns sur les autres ; en réaction, le corps, pour se défendre, crée des excroissances osseuses, les ostéophytes. Ces excroissances exercent alors une pression sur les nerfs, provoquant une douleur cervicale.
La sténose spinale provoque un rétrécissement du petit passage réservé aux nerfs entre les vertèbres, pouvant comprimer et coincer la moelle épinière et/ou les racines des nerfs rachidiens. Ces derniers se retrouvent dans l’incapacité de fonctionner normalement, la sténose occasionne alors des douleurs au cou, aux épaules et dans les bras, ainsi qu’un engourdissement.
• Les blessures et accidents : le fameux coup du lapin : ce mouvement brusque et forcé de la tête ou du cou dans une direction, qui « rebondit » dans la direction opposée, constitue un traumatisme cervical. La brutalité du mouvement endommage les tissus protecteurs alentours de la tête et du cou. Les muscles se raidissent alors, se contractent, d’où une fatigue musculaire se traduisant par une douleur et une raideur. Un traumatisme sévère peut aussi impliquer des dommages dans les disques intervertébraux, les articulations, les ligaments, les muscles et les racines nerveuses. Les accidents de voiture sont la première cause de traumatisme cervical. Si vous avez été blessé à la tête, il est plus que vraisemblable que le cou a été touché, même si vous vous ne vous en rendez pas compte sur le moment. Mieux vaut consulter un médecin au plus vite.
• Autres troubles : une douleur qui se prolonge, une perte de fonctions cérébrales, spinales, musculaires ou neurologiques, peuvent cacher quelque chose de plus grave. Consultez alors un médecin de toute urgence car, dans certains cas, ces symptômes sont liés à une infection, une compression ou une tumeur de la moelle épinière, à une fracture ou à un autre problème.
Examens et analyses relatifs aux douleurs cervicales
Si une douleur persiste au bout de quelques jours, si elle est importante ou accompagnée d’autres symptômes, faites appel à votre spécialiste de la colonne vertébrale (si vous n’en connaissez pas, consultez ce lien : Les professionnels dans votre région).
Au cours de la consultation, votre spécialiste vous posera des questions et procédera à un examen sommaire, afin de tenter d’identifier la cause de votre douleur et de mettre en place un programme thérapeutique adapté, une solution pour surmonter le mal et les autres symptômes éventuels et favoriser la guérison.
En premier lieu, vous serez interrogé sur les symptômes concrets ainsi que sur les remèdes déjà essayés. Voici des exemples de questions typiques :
• A quel moment la douleur est-elle apparue ?
• Quelles ont été vos activités récentes ?
• Qu’avez-vous tenté pour combattre la douleur ?
• S’étend-elle, se déplace-t-elle vers d’autres parties du corps (par exemple dans le bras) ?
• Y a-t-il quelque chose qui la minimise ? qui la renforce ?
Ensuite, le spécialiste procédera à des examens physiques et neurologiques. Au cours du premier, on observera votre posture, vos capacités motrices, et votre condition physique ; tout mouvement douloureux sera noté. On palpera votre colonne vertébrale pour évaluer sa courbure et son équilibrage, et détecter les spasmes musculaires éventuels. On examinera également la région des épaules. L’examen neurologique est là pour évaluer vos réflexes, votre force musculaire, les autres altérations nerveuses et l’étendue de la douleur.
Il faudra peut-être avoir recours à l’imagerie médicale pour réussir à diagnostiquer la cause de votre mal. Une radiographie permettrait de déceler un rétrécissement de l’espace discal (sténose spinale), d’éventuelles fractures et excroissances osseuses (ostéophytes) ou une arthrose. Un tomodensitogramme ou un IRM détecteront une saillie discale ou une hernie.
Peut-être vous fera-t-on aussi passer l’un de ces tests additionnels :
• La scintigraphie osseuse : Son but est de dépister des problèmes de la colonne comme l’arthrose, les fractures ou les infections. Une quantité infime de substance radioactive est injectée dans un vaisseau sanguin ; après s’être répandue à travers le réseau sanguin, elle est absorbée par les os. Une région présentant une activité anormale (comme une inflammation) absorbera une plus grande quantité de cette substance. C’est au scanner ensuite de détecter la force des radiations au sein de vos os et de localiser les « points chauds » (c’est-à-dire les zones où la quantité de substance radioactive est plus importante) afin de permettre au médecin de situer l’origine du problème.
• La discographie : Par cette méthode on pourra confirmer ou infirmer la mise en cause des disques comme source du mal. Un colorant indolore est injecté dans un disque. Si ce dernier connait un problème (une hernie par exemple), il laissera le colorant filtrer. En le repérant aux rayons X, le médecin constatera que quelque chose ne va pas.
• L’électromyographie (EMG) : Si l’on soupçonne l’endommagement d’un nerf, ce test spécial permet de mesurer la rapidité avec laquelle ceux-ci réagissent. En général, on n’ordonne pas cet examen sur-le-champ : on peut mettre plusieurs semaines à se rendre compte d’un problème sur les nerfs (par exemple des réflexes anormaux ou un affaiblissement).
• Le myélogramme : Il permet de détecter un trouble du canal de l’épendyme ou de la moelle épinière (il peut s’agir d’un nerf comprimé, source de douleur et de faiblesse). Un colorant spécial est injecté dans la région de la moelle épinière et des nerfs, sous anesthésie locale. Ensuite, une image obtenue au moyen d’une radiographie ou d’un tomodensitogramme fournira un aperçu détaillé de l’anatomie de votre colonne vertébrale (en particulier des os), qui permettra au médecin de voir si quelque chose comprime vos nerfs.
Le diagnostic d’une douleur cervicale peut s’avérer délicat : les causes peuvent être multiples, et d’autres symptômes sans rapport peuvent interférer. Tâchez de faire un bon patient : soyez patient. Votre spécialiste cherche à savoir si le traumatisme est lourd, et à choisir le traitement qui correspond le mieux à votre situation.
Bon à savoir
• Dites non à la fatigue des muscles de votre cou en fin de journée ! Pour cela, faites quelques assouplissements simples, par exemple en faisant rouler la tête d’un côté à l’autre au travail, installé à votre bureau.
• Avant tout effort physique, échauffez-vous ; pensez notamment à étirer votre cou.
• Un torticolis au réveil ? Evitez autant que possible de dormir sur le ventre, cela pouvant occasionner une pression plus grande sur les épaules et le cou.
• Vérifiez, à la maison comme au bureau, que votre ordinateur soit correctement positionné. Il faut que vous puissiez voir l’écran sans avoir à tordre le cou : faites donc en sorte que celui-ci soit bien en face de vous.
• Le stress peut aggraver la douleur cervicale : détendez-vous, respirez profondément, à vous de trouver les meilleurs remèdes contre l’angoisse.
• En cas de choc au niveau du cou, appliquez immédiatement de la glace pendant des périodes de 20 minutes. Au bout de 24 à 48h, alternez glace et chaleur (20 minutes de chaque devraient suffire).
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