Qu’est-ce qu’une douleur cervicale ?

Au cours de la vie, beaucoup d’entre nous subissent des douleurs cervicales, sans qu’on en connaisse, le plus souvent, les causes exactes. En fait, celles-ci peuvent être multiples : après une nuit inconfortable, vous vous levez avec un torticolis tenace. La voiture qui vous suivait vous a embouti, ce qui vous a valu un traumatisme cervical. Ou peut-être avez-vous fait un mauvais mouvement lors d’un cours d’aérobic intensifs.
Si la plupart d’entre nous connait les douleurs cervicales, la manière de les ressentir n’est pas la même pour tout le monde. Parfois, elle ne touche qu’un seul côté de votre nuque ; d’autres fois, elle attaque les bras. Une douleur peut même causer des maux de tête ou des vertiges terribles. Les symptômes peuvent disparaître au bout de quelques jours, ou bien s’inscrire dans la durer et vous handicaper au quotidien.
Peu importent les causes, ça fait mal, et êtes impatient de vous en débarrasser. Mais vous vous en doutez, tout comme les causes et symptômes des douleurs cervicales sont multiples, il y a plein de manières de les traiter : médicaments sans ordonnance, acupuncture, massage… Dans la plupart des cas, la chirurgie n’est pas nécessaire, mais elle peut s’avérer être la solution en ce qui vous concerne.
Vous le voyez, la notion de douleur cervicale ne se limite pas à un « simple » mal de cou, et c’est en en apprenant plus à son sujet que vous serez à même de vous attaquer efficacement au problème.

Anatomie de la douleur cervicale
Une tête, ce n’est pas rien à porter : elle peut peser jusqu’à 4 kilos, et même plus. Et le cou ne se contente pas de supporter tout ce poids : il vous permet aussi de hocher la tête, la secouer, la faire pivoter. C’est la partie la plus mobile de la colonne vertébrale, avec une possibilité d’inclinaison de 90° vers l’avant, 90° vers l’arrière, 180° latéralement, et presque 120° d’obliquité vers chacune des deux épaules.
D’un point de vue technique, on désigne le cou par « colonne cervicale » ; son commencement se situe à la base du crâne, et il contient 7 petits os (les vertèbres), recensées de C1 à C7 par les médecins (le « C » signifiant « cervicale »). Les nombres 1 à 7 donnent une indication du niveau des vertèbres : C1 est la plus proche du crâne, et C7 jouxte la poitrine.

Entre chaque vertèbre se trouve un anneau cartilagineux dur et fibreux chargé d’absorber les chocs : le disque intervertébral. Chaque disque est composé d’une couche extérieure, sorte de coussinet caoutchouteux (annulus fibrosus) et d’un noyau gélatineux au centre (nucleus pulposus).
En dehors des os et des disques, le cou se compose d’articulations, de muscles et de ligaments. Ce sont eux qui assurent sa mobilité et sa stabilité.
Le cou abrite la partie supérieure de la moelle épinière, les racines nerveuses, ainsi qu’un réseau élaboré d’artères et de veines. Les nerfs présents dans le cou permettent au cerveau de communiquer avec les épaules, les bras et la poitrine. Les artères et les veines assurent la circulation du sang entre le cerveau et le cœur.
Au final, le cou est une machine fascinante et complexe. Toutefois, en raison de ses grandes possibilités de mouvements, le risque de se blesser est élevé.

Douleurs cervicales : les symptômes
Afin d’optimiser le traitement, il est important de les identifier et de les comprendre. Les douleurs cervicales peuvent s’accompagner de symptômes tels que :
• Des courbatures sur un ou les deux côtés de la nuque
• Une sensation de brûlure
• Des picotements
• Une raideur
• Des douleurs au niveau des omoplates
• Une douleur, un engourdissement ou une faiblesse du bras
• Des difficultés à avaler, parler, écrire ou marcher
• Des maux de tête
• Des vertiges
• Des nausées
• Un brouillage de la vision
• De la fièvre
• Des sueurs nocturnes
• De la fatigue
• Une perte de poids involontaire
Une douleur cervicale, cela se traite correctement. Si la douleur ou les symptômes qui l’accompagnent persistent plus de quelques jours, consultez un médecin ; faites-le immédiatement si à la douleur s’ajoute l’un des signes d’urgence suivants :
• Une fièvre importante
• Une hypersensibilité à la lumière
• Une irritabilité
• Une grande douleur provoquée par les mouvements du cou
• Un engourdissement, une faiblesse et/ou des picotements
• Ou si vous avez récemment subi un traumatisme à la tête ou au cou
Les causes
Il est impératif de connaître la cause d’une douleur cervicale, cela conditionnera les solutions de traitement. Comme vous le savez certainement, la douleur peut être ressentie de plein de façons différentes. Elle peut être légère ou lourde, vous engourdir ou vous brûler, atteindre le cou ou bien la main. La multitude des symptômes est le fruit de la multitude des causes. Voici quelques causes fréquentes :
• Dans la vie quotidienne : Les aléas de tous les jours mettent le corps à rude épreuve, votre expérience personnelle vous place sûrement en première ligne pour vous en rendre compte. Le stress, la tension émotionnelle, peuvent entraîner crispations et contractures musculaires, sources de douleur et de raideur. Dormez dans une mauvaise position, et vous vous réveillerez avec un torticolis ; restez assis trop longtemps à votre bureau, les yeux rivés à votre ordinateur, votre cou sera courbaturé.
De même, votre mode de vie est peut-être à l’origine de votre douleur cervicale ; un mauvais maintien, l’obésité, une musculature abdominale faible perturbent bien souvent l’équilibre spinal, et pour compenser, vous ployez le cou.
Même une activité saine et anodine peut occasionner entorses et claquages, sources de douleur. Une séance de jardinage, un tennis, un rugby entre amis, et même le golf, toutes ces activités sont sources éventuelles de blessure au cou.
• L’âge : En vieillissant, notre colonne cervicale est de plus en plus directement exposée à des troubles comme l’arthrose, la sténose spinale ou la dégénérescence discale.
Avec la dégénérescence discale, il se peut que les disques se déshydratent, perdent leur flexibilité et leur élasticité, et amortissent moins bien les chocs. Avec le temps, un disque peut enfler et provoquer une hernie. La substance discale appuie alors sur une racine nerveuse et cause douleurs cervicales (pouvant courir jusqu’au bras), picotements et/ou engourdissements.
L’arthrose est une maladie courante qui touche les articulations, provoquant une détérioration progressive du cartilage. Sans cartilage, les os frottent les uns sur les autres ; en réaction, le corps, pour se défendre, crée des excroissances osseuses, les ostéophytes. Ces excroissances exercent alors une pression sur les nerfs, provoquant une douleur cervicale.
La sténose spinale provoque un rétrécissement du petit passage réservé aux nerfs entre les vertèbres, pouvant comprimer et coincer la moelle épinière et/ou les racines des nerfs rachidiens. Ces derniers se retrouvent dans l’incapacité de fonctionner normalement, la sténose occasionne alors des douleurs au cou, aux épaules et dans les bras, ainsi qu’un engourdissement.
• Les blessures et accidents : le fameux coup du lapin : ce mouvement brusque et forcé de la tête ou du cou dans une direction, qui « rebondit » dans la direction opposée, constitue un traumatisme cervical. La brutalité du mouvement endommage les tissus protecteurs alentours de la tête et du cou. Les muscles se raidissent alors, se contractent, d’où une fatigue musculaire se traduisant par une douleur et une raideur. Un traumatisme sévère peut aussi impliquer des dommages dans les disques intervertébraux, les articulations, les ligaments, les muscles et les racines nerveuses. Les accidents de voiture sont la première cause de traumatisme cervical. Si vous avez été blessé à la tête, il est plus que vraisemblable que le cou a été touché, même si vous vous ne vous en rendez pas compte sur le moment. Mieux vaut consulter un médecin au plus vite.

• Autres troubles : une douleur qui se prolonge, une perte de fonctions cérébrales, spinales, musculaires ou neurologiques, peuvent cacher quelque chose de plus grave. Consultez alors un médecin de toute urgence car, dans certains cas, ces symptômes sont liés à une infection, une compression ou une tumeur de la moelle épinière, à une fracture ou à un autre problème.
Examens et analyses relatifs aux douleurs cervicales
Si une douleur persiste au bout de quelques jours, si elle est importante ou accompagnée d’autres symptômes, faites appel à votre spécialiste de la colonne vertébrale (si vous n’en connaissez pas, consultez ce lien : Les professionnels dans votre région).
Au cours de la consultation, votre spécialiste vous posera des questions et procédera à un examen sommaire, afin de tenter d’identifier la cause de votre douleur et de mettre en place un programme thérapeutique adapté, une solution pour surmonter le mal et les autres symptômes éventuels et favoriser la guérison.
En premier lieu, vous serez interrogé sur les symptômes concrets ainsi que sur les remèdes déjà essayés. Voici des exemples de questions typiques :
• A quel moment la douleur est-elle apparue ?
• Quelles ont été vos activités récentes ?
• Qu’avez-vous tenté pour combattre la douleur ?
• S’étend-elle, se déplace-t-elle vers d’autres parties du corps (par exemple dans le bras) ?
• Y a-t-il quelque chose qui la minimise ? qui la renforce ?
Ensuite, le spécialiste procédera à des examens physiques et neurologiques. Au cours du premier, on observera votre posture, vos capacités motrices, et votre condition physique ; tout mouvement douloureux sera noté. On palpera votre colonne vertébrale pour évaluer sa courbure et son équilibrage, et détecter les spasmes musculaires éventuels. On examinera également la région des épaules. L’examen neurologique est là pour évaluer vos réflexes, votre force musculaire, les autres altérations nerveuses et l’étendue de la douleur.
Il faudra peut-être avoir recours à l’imagerie médicale pour réussir à diagnostiquer la cause de votre mal. Une radiographie permettrait de déceler un rétrécissement de l’espace discal (sténose spinale), d’éventuelles fractures et excroissances osseuses (ostéophytes) ou une arthrose. Un tomodensitogramme ou un IRM détecteront une saillie discale ou une hernie.

Peut-être vous fera-t-on aussi passer l’un de ces tests additionnels :
• La scintigraphie osseuse : Son but est de dépister des problèmes de la colonne comme l’arthrose, les fractures ou les infections. Une quantité infime de substance radioactive est injectée dans un vaisseau sanguin ; après s’être répandue à travers le réseau sanguin, elle est absorbée par les os. Une région présentant une activité anormale (comme une inflammation) absorbera une plus grande quantité de cette substance. C’est au scanner ensuite de détecter la force des radiations au sein de vos os et de localiser les « points chauds » (c’est-à-dire les zones où la quantité de substance radioactive est plus importante) afin de permettre au médecin de situer l’origine du problème.
• La discographie : Par cette méthode on pourra confirmer ou infirmer la mise en cause des disques comme source du mal. Un colorant indolore est injecté dans un disque. Si ce dernier connait un problème (une hernie par exemple), il laissera le colorant filtrer. En le repérant aux rayons X, le médecin constatera que quelque chose ne va pas.
• L’électromyographie (EMG) : Si l’on soupçonne l’endommagement d’un nerf, ce test spécial permet de mesurer la rapidité avec laquelle ceux-ci réagissent. En général, on n’ordonne pas cet examen sur-le-champ : on peut mettre plusieurs semaines à se rendre compte d’un problème sur les nerfs (par exemple des réflexes anormaux ou un affaiblissement).
• Le myélogramme : Il permet de détecter un trouble du canal de l’épendyme ou de la moelle épinière (il peut s’agir d’un nerf comprimé, source de douleur et de faiblesse). Un colorant spécial est injecté dans la région de la moelle épinière et des nerfs, sous anesthésie locale. Ensuite, une image obtenue au moyen d’une radiographie ou d’un tomodensitogramme fournira un aperçu détaillé de l’anatomie de votre colonne vertébrale (en particulier des os), qui permettra au médecin de voir si quelque chose comprime vos nerfs.
Le diagnostic d’une douleur cervicale peut s’avérer délicat : les causes peuvent être multiples, et d’autres symptômes sans rapport peuvent interférer. Tâchez de faire un bon patient : soyez patient. Votre spécialiste cherche à savoir si le traumatisme est lourd, et à choisir le traitement qui correspond le mieux à votre situation.
Bon à savoir
• Dites non à la fatigue des muscles de votre cou en fin de journée ! Pour cela, faites quelques assouplissements simples, par exemple en faisant rouler la tête d’un côté à l’autre au travail, installé à votre bureau.
• Avant tout effort physique, échauffez-vous ; pensez notamment à étirer votre cou.
• Un torticolis au réveil ? Evitez autant que possible de dormir sur le ventre, cela pouvant occasionner une pression plus grande sur les épaules et le cou.
• Vérifiez, à la maison comme au bureau, que votre ordinateur soit correctement positionné. Il faut que vous puissiez voir l’écran sans avoir à tordre le cou : faites donc en sorte que celui-ci soit bien en face de vous.
• Le stress peut aggraver la douleur cervicale : détendez-vous, respirez profondément, à vous de trouver les meilleurs remèdes contre l’angoisse.
• En cas de choc au niveau du cou, appliquez immédiatement de la glace pendant des périodes de 20 minutes. Au bout de 24 à 48h, alternez glace et chaleur (20 minutes de chaque devraient suffire).

Les traitements

Les auto soins à domicile
On recommande généralement la reprise au plus vite d’une activité normale ou presque. En revanche, les étirements et activités sollicitant un effort supplémentaire du dos ne sont pas recommandées.
• Afin de diminuer l’inconfort, dormez sur le flanc, un oreiller entre les genoux ; certains médecins recommandent de s’allonger sur le dos et de caler l’oreiller sous les genoux.
• Pour les personnes souffrant de lombalgie aigüe, on n’a pas trouvé d’exercice dorsal spécifique permettant de soulager la douleur ou rétablir les aptitudes fonctionnelles. Des exercices permettent en revanche aux patients atteints de lombalgie chronique de retrouver progressivement leurs activités quotidiennes et professionnelles.

• Des médicaments sans ordonnance peuvent soulager la douleur :
o L’ibuprofène (comme l’Advil, le Nuprin ou le Motrin), en vente libre, constitue un excellent remède dans le traitement à court terme des lombalgies. En raison des risques d’ulcère et d’hémorragie gastro-intestinale, veuillez consulter votre médecin avant une utilisation de longue durée.
o Le paracétamol (comme le Tylenol) se révèle aussi efficace que l’ibuprofène pour calmer la douleur.
o Les agents locaux, comme les gels anti-inflammatoires, n’ont pas prouvé leur efficacité.
o Chez certaines personnes, l’usage de glace ou le traitement par la chaleur semble probant. Même si son efficacité n’est pas prouvée, cette pratique n’est pas néfaste. Attention toutefois à ne pas utiliser un coussin chauffant réglé à haute température ou appliquer la glace à même la peau.
• La plupart des spécialistes s’accordent à dire qu’un alitement prolongé allonge le temps de guérison. Pire, les malades s’exposent à un risque accru de dépression, de formation de caillots sanguins dans la jambe et à une perte du tonus musculaire. Une infime minorité des experts seulement recommande une période de sous-activité ou d’alitement de plus de 48 heures. En d’autres termes, dans la mesure du possible, bougez, évitez de rester inactif.
Traitement médical
Le traitement de la lombalgie se base initialement sur la supposition que chez environ 90% des gens la douleur s’estompera d’elle-même en un mois. De nombreux choix de traitements existent ; certains ont fait leurs preuves, d’autres sont plus discutables quant à leur efficacité.
On encourage les soins à domicile dans le cadre initial du traitement de la lombalgie. L’efficacité de l’alitement n’est pas prouvée, et pour la plupart des spécialistes, sa durée, comme celle de la baisse d’activité, ne doit pas dépasser 2 jours. Chez certaines personnes atteintes de sciatique, un repos de 2 à 4 jours peut être profitable. L’application locale de glace ou de chaleur soulage la douleur chez certaines personnes, essayez-la. Le paracétamol et l’ibuprofène domptent efficacement la douleur.
• De nombreuses études se sont questionnées sur l’efficacité du traitement actuel de la lombalgie. Dans chaque cas particulier, on ne saura dire si une thérapie fonctionnera avant de la mettre en œuvre. Votre médecin testera des traitements qui se sont avérés concluants par le passé.
Les médicaments
En fonction de vos antécédents médicaux, de vos allergies, et éventuellement des autres médicaments que vous prenez, votre médecin déterminera le traitement le plus adapté possible.
• Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) sont le pilier du traitement médical destiné à soulager les douleurs dorsales. Parmi tant d’autres, on trouve l’ibuprofène, le naproxène et le kétoprofène. On n’a pas prouvé la supériorité d’un AINS particulier sur les autres dans la régulation de la douleur ; il se peut que le médecin vous en fasse essayer plusieurs pour voir lequel fonctionne le mieux sur vous.
• Les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase-2, comme le célécoxib (Célébrex) constituent un choix plus pointu d’AINS. Si leur coût peut rebuter, il faut leur reconnaître un risque beaucoup moins élevé d’hémorragie du système gastro-intestinal par rapport aux AINS traditionnels. L’inoffensivité à long terme des inhibiteurs de la cyclo-oxygénase-2 et des AINS, notamment sur les risques éventuels d’attaque cardiaque et d’AVC, est actuellement à l’étude.
• Le paracétamol est également considéré comme efficace dans le traitement de la douleur aigüe. Les AINS peuvent entraîner à long terme, il faut le rappeler, un certain nombre d’effets secondaires, comme une irritation gastro-intestinale ou un endommagement des reins.
• Les myorelaxants : l’idée que les spasmes musculaires provoquent la lombalgie ne fait pas l’unanimité, et la plupart des myorelaxants n’ont aucun effet sur ces spasmes. Certes, il ne s’agit pas de simples placebos, mais aucun ne s’est révélé supérieur aux AINS. Une prise combinée de myorelaxants et d’AINS ne présente pas d’avantages supplémentaires sur les AINS seuls. Les myorelaxants provoquent une somnolence chez 30% des sujets ; ils ne sont pas prescrits couramment.
• Les analgésiques opioïdes sont une autre alternative pour réguler la douleur d’une lombalgie aigüe. Les effets secondaires sont nombreux et lourds : dépendance, sédation, temps de réaction réduit, nausée, altération du jugement… L’un des plus désagréables est la constipation, qui touche une proportion importante de ceux qui les utilisent pendant plus de quelques jours. Quelques études encouragent leur prise à court terme pour calmer temporairement la douleur ; toutefois, ils n’accélèrent pas la guérison.
• Les stéroïdes oraux ne sont d’aucune utilité ; ils sont à proscrire. Les injections de stéroïdes dans l’espace épidural s’avèrent ne pas réduire la durée des symptômes ni améliorer les fonctions et ne sont actuellement pas recommandées pour le traitement des épisodes douloureux aigus sans sciatique. Dans le cas d’une douleur chronique lié à la sciatique, leur efficacité reste controversée. Les injections dans les espaces articulaires postérieurs, les facettes, peuvent s’avérer efficaces chez les personnes dont la douleur est liée à la sciatique. Les injections dans les points gâchettes ne se sont pas révélées d’un grand secours pour les douleurs aigües ; couplées à un stéroïde et un anesthésique local, elles sont parfois utiles contre les douleurs chroniques. Leur usage reste controversé.
La chirurgie
• Elle est rarement envisagée pour les douleurs dorsales aigües, en dehors des cas de sciatique ou de syndrome de la queue de cheval. Son utilité est plutôt reconnue dans les cas de troubles neurologiques évolutifs causés par des disques herniés.
Autres types de soins
• La manipulation vertébrale : les manipulations de type ostéopathique et chiropratique semblent porter leurs fruits durant le premier mois de symptômes. Plusieurs études ont été menées à ce sujet, avec des résultats contradictoires ; même constat pour l’étude de l’efficacité de la manipulation dans les cas de lombalgie chronique. L’efficacité de ce traitement demeure inconnue ; la méthode n’a pas fait preuve de probité pour les gens souffrant de problèmes liés aux racines nerveuses.
• L’acupuncture : les témoignages actuels ne se prononcent pas vraiment en faveur de l’acupuncture pour traiter le mal de dos aigu. On manque de véritables études scientifiques sur le sujet, et cette méthode reste controversée.
• La neurostimulation transcutanée (TENS) consiste à envoyer des impulsions électriques de stimulation par l’intermédiaire d’électrodes. Pour les cas de douleur aigüe, il n’y a aucune preuve de résultat. Deux études ont été effectuées, sans aboutissement concluant, mais qui semblent admettre une amélioration liée au TENS. Pour ce qui est des crises chroniques, les témoignages se contredisent à propos de sa capacité à calmer la douleur. Une étude a mis en lumière une légère supériorité du TENS au bout d’une semaine, mais aucune différence à trois mois et au-delà. Pour d’autres études, il n’y a aucun résultat probant, à aucun moment. On n’a pas recensé de succès dans le traitement de la sciatique.
• Les exercices physiques sollicitant spécifiquement le dos n’ont pas prouvé leur supériorité sur les autres thérapies conservatrices pour ce qui est de la récupération des fonctions et la diminution de la douleur en cas de crise aigüe ; pour les douleurs chroniques, des études ont mis en lumière l’utilité des exercices de musculation.

Aller plus loin
Le suivi
Après votre première visite médicale pour un mal de dos, il est recommandé de suivre les consignes de votre médecin aussi fidèlement que possible. Cela signifie prendre ses traitements et accomplir les exercices dans le respect des instructions. Ainsi, selon toute probabilité, le mal de dos partira au bout de quelques jours. Ne soyez pas découragé si l’amélioration se fait attendre. Dans presque tous les cas, la situation s’arrange dans le mois suivant l’apparition de la douleur.
La prévention
La prévention même du mal de dos est quelque peu controversée. On a longtemps pensé que l’exercice physique et un mode de vie sain à tous les niveaux empêchaient la lombalgie. Ce n’est pas nécessairement vrai. En vérité, de nombreuses études ont montré qu’une pratique physique inadaptée, aussi bien que des activités à fort impact sur l’organisme, favoriseraient les risques de douleurs lombalgiques. Néanmoins, faire de l’exercice est important pour la santé d’une manière générale ; ne négligez pas cette démarche. Les activités à impact modéré (la nage, la marche, le vélo) contribuent à l’amélioration de la forme physique, sans solliciter le bas du dos de manière trop violente.
• Les exercices ciblés : parlez-en à votre médecin pour savoir comment les accomplir.
o Abdominaux : les crunch, lorsqu’ils sont effectués correctement, renforcent la musculature abdominale et réduisent les risques de douleurs dorsale.
o Même s’ils ne sont pas utiles pour remédier à la lombalgie, les exercices d’étirement aident à soulager les raideurs musculaires dorsales.
o Les exercices de bascule du bassin ont les mêmes vertus apaisantes.
• La ceinture lombaire est souvent imposée aux travailleurs qui ont régulièrement à soulever des objets lourds. Rien ne prouve que ces ceintures empêchent les blessures dorsales ; une étude a même indiqué qu’elles en augmentaient la probabilité.
• La station debout : pensez à garder la tête haute et le ventre rentré. Si vous devez rester debout sur des périodes prolongées, gardez avec vous un petit tabouret sur lequel poser chaque pied à tour de rôle. Evitez les talons hauts.
• La position assise : on privilégiera une chaise à hauteur appropriée pour le travail, avec un bon maintien de la région lombaire. Afin de ne pas trop solliciter le dos, une chaise pivotante est préférable. Les sièges de voiture doivent aussi soutenir le bas du dos de manière suffisante. Si ce n’est pas le cas, un petit oreiller ou bien une serviette roulée, calés derrière la partie lombaire, vous apporteront ce soutien.
• Pour dormir : les préférences personnelles varient ; un matelas trop moelleux provoquera des douleurs dorsales chez beaucoup. Ce qui est vrai aussi avec un matelas trop dur. Il faut essayer, tâtonner, prendre le risque de se tromper. Une planche de contreplaqué entre le sommier et le matelas raffermira un lit trop mou. Pour rendre un matelas trop dur plus confortable, utilisez une alaise épaisse.
• Ne soulevez pas d’objets trop lourds pour vous. Si vous tentez de le faire, veillez, en vous baissant et vous relevant, à ce que le dos reste droit, tout comme la tête, et appuyez-vous sur vos genoux. Plaquez l’objet contre vous, évitez de vous voûter par-dessus. Contractez vos muscles abdominaux, afin de préserver l’équilibre de votre dos.
Perspectives
Le pronostic, pour les douleurs dorsales aigües accompagnées de « messages d’alerte », dépend des causes sous-jacentes de la douleur.
• Près de 90% de la population connaît un jour ou l’autre un épisode lombalgique aigu non accompagné de problème de santé ; les symptômes disparaitront d’eux-mêmes dans le mois. Dans la moitié des cas, de nouveaux épisodes auront lieu.
• 80% des sciatiques finissent par être guéries, avec ou sans intervention chirurgicale. Le temps de guérison est beaucoup plus long que pour les lombalgies aigües sans complications.
• Pour favoriser une guérison rapide, il faut rester actif et éviter un alitement de plus de 2 jours.

Chiropratique et lombalgie : définitions

L’Acupuncture est une pratique thérapeutique qui trouve son origine dans la médecine traditionnelle chinoise. Elle consiste en l’implantation d’aiguilles à des points spécifiques du corps, supposément pour faciliter le flux de l’énergie vitale (ou « qi » – prononcez « tchi ») et ainsi permettre au corps de retrouver une bonne santé et de la conserver.

Une douleur chronique est une douleur passagère (moins de 3 semaines) ou qui est sévère.

Une médecine alternative est un système médical fondé sur un système entier de théories et de pratiques ; ces ensembles ont souvent évolué parallèlement à l’approche médicale conventionnelle qui fait autorité aux Etats-Unis, et de manière antérieure. Parmi les exemples existants, citons, dans la culture occidentale, la naturopathie, et pour la culture non occidentale, la médecine traditionnelle chinoise.

Un rebouteux est un praticien (pas forcément un médecin diplômé) dont la tâche est de remettre en place les os fracturés ou disloqués.

Le syndrome de la queue de cheval apparaît lorsque les nerfs de la queue de cheval (ensemble de nerfs spinaux se prolongeant par paquets au-delà de la moelle épinière) sont compressés et endommagés. Les symptômes incluent une débilité de la jambe, une détérioration des fonctions intestinales, vésicales, et/ou sexuelles, et une altération des sensations autour du rectum ou des parties génitales.

Une douleur chronique est une douleur qui s’inscrit dans la durée (plus de 3 mois).

Un essai clinique est une étude scientifique consistant à tester sur des personnes un traitement ou une thérapie afin de vérifier son innocuité et son efficacité. L’essai clinique constitue une étape-clé dans le processus visant à déterminer si un traitement fonctionne ou non et pourquoi ; les résultats contribuent aussi à faire avancer la connaissance des maladies et problèmes médicaux.

Une complication est une maladie ou un problème secondaires se développant au cours de la pathologie initiale, ou en conséquence du traitement.

Un essai clinique contrôlé est une étude s’appuyant sur un groupe témoin de comparaison, et qui reçoit un placebo, un traitement différent, ou même rien du tout.

Un rapport global est une analyse qui résume et interprète les informations tirées de différentes études et sur la base de laquelle on établit des conclusions.

Hippocrate : médecin grec né en 460 av. J.-C., considéré comme le père de la médecine occidentale.

L’homéopathie ou médecine homéopathique est une pratique alternative inventée en Allemagne, basée sur le principe de similitude (« Similia similibus curantur »)  selon lequel l’inoculation à petites doses hautement diluées de substances médicinales permet de guérir des symptômes qu’elles-mêmes causeraient si elles étaient administrées dans des quantités plus importantes ou plus concentrées.

La manipulation désigne une mobilisation passive forcée des articulations au-delà de leur jeu habituel. La chiropratique lui préfère le terme d’ajustement.

Le massage est une pratique thérapeutique consistant à manipuler le muscle et le tissu conjonctif afin d’optimiser leur fonction et de favoriser relaxation et bien-être.

La méta-analyse est une forme d’étude scientifique qui s’appuie  sur des techniques statistiques pour analyser les résultats d’un corpus d’études isolées.

La mobilisation est une technique employée par les chiropraticiens et autres professionnels de santé, consistant à faire travailler passivement une articulation dans ses possibilités habituelles de jeu.

La thérapie myofasciale est un procédé thérapeutique physique qui fait appel à l’étirement et au massage.

La naturopathie est une médecine alternative s’appuyant sur les forces guérisseuses présentes au sein même du corps, pour aider ce dernier à soigner la maladie et rester sain. Les pratiques incluent entre autres la modification du régime alimentaire, le massage, les exercices physiques, l’acupuncture et la petite chirurgie.

L’étude observationnelle consiste à observer des individus ou mesurer certains résultats sans chercher à influer dessus (par exemple, on ne donne pas de traitement).

Un orthopédiste, docteur en médecine, est un chirurgien spécialisé dans les troubles du système musculosquelettique.

L’ostéopathie est une pratique médicale non conventionnelle qui insiste, entre autres, sur les maladies qui se développent dans le système musculosquelettique, selon une croyance sous-jacente voulant que le fonctionnement de tous les systèmes du corps humain est relié, et qu’un dysfonctionnement de l’un d’entre eux peut affecter la fonction d’une autre partie du corps. La plupart des ostéopathes pratique la manipulation ostéopathique, qui est un ensemble de techniques manuelles sur tout le corps destinées à soulager la douleur, restaurer les fonctions et favoriser bonne santé et bien-être.

L’ostéoporose est une diminution de la masse osseuse avec pour conséquence possible de favoriser les fractures, même après un choc mineur comme une simple chute.

Un placebo ressemble à un traitement étudié dans le cadre d’un essai clinique, à ceci près qu’il n’a pas de principe actif : par exemple, une « pilule » qui ne serait en réalité qu’une dragée sucrée. En administrant à un groupe de volontaires un placebo et un traitement actif à un autre, les chercheurs peuvent comparer les réactions de ces deux groupes et se faire ainsi une idée plus exacte des effets du traitement actif. Ces dernières années, on a élargi la définition du placebo à d’autres éléments pouvant avoir une incidence sur l’efficacité des soins, par exemple la manière dont un patient perçoit le soin prodigué et les espoirs qu’il place dedans.

Une étude prospective suit les participants sur la durée pour évaluer les effets d’un traitement médical.

Une étude randomisée en double aveugle est un essai clinique au cours duquel on sépare au hasard les participants par groupes afin de comparer différents traitements. Ni les chercheurs ni les participants ne peuvent décider de la composition des groupes ; ainsi, en affectant au hasard les personnes aux groupes, ces derniers seront équivalents et on pourra comparer les traitements administrés de manière objective. Au moment de l’étude, on ne sait pas quel traitement est le meilleur. Précisons que les patients participant à ces études sont des volontaires.

Une revue : voir les articles rapport global, méta-analyse et revue systématique.

Un traitement ou dispositif « fantôme » (« sham » en anglais) relève de la même démarche que le placebo. Par exemple, le chiropraticien positionne le patient et le « manipule » de manière à simuler un traitement réel, alors qu’il n’en est rien.

Une douleur subaiguë dure un peu plus longtemps que la douleur aigüe (par exemple, plus de quelques jours ou quelques semaines), sans aller jusqu’à devenir chronique.

Une revue systématique consiste à collecter et analyser les résultats d’un éventail d’études sur une question ou un sujet donnés, et d’en tirer un bilan critique.

L’usage de la chiropratique dans le traitement de la lombalgie

La chiropratique est un type de soin médical qui se concentre sur la relation entre la structure du corps (essentiellement, la colonne vertébrale) et sa fonction. Les spécialistes de chiropratique, appelés chiropraticiens ou encore chiropracteurs, pratiquent un geste thérapeutique nommé « manipulation » (ou « ajustement »), qui constitue le cœur de leur protocole de soins. Hors des divergences d’opinions et des différentes approches au sein même de la profession, ce rapport de recherche se chargera de fournir un aperçu global de la chiropratique, d’examiner les conclusions de la recherche sur le traitement chiropratique de la lombalgie, et d’indiquer d’autres sources d’information. Les liens hypertexte sur certains termes renvoient à leur définition dans la section dédiée de ce rapport.

Points-clés

·         On fait appel à la chiropratique avant tout pour traiter les troubles musculosquelettiques, c’est-à-dire les problèmes relatifs aux muscles, aux articulations, aux os et aux tissus conjonctifs tels que les cartilages, les ligaments et les tendons.

·         Les études scientifiques sur le traitement chiropratique de la lombalgie ont été jusqu’ici inégales sur le plan de la qualité et insuffisantes pour pouvoir en tirer des conclusions solides. Néanmoins, l’idée générale est qu’en ce qui concerne les douleurs dorsales, le traitement chiropratique et les traitements médicaux conventionnels s’avèrent à peu près aussi efficaces l’un que l’autre. Il est plus délicat de tirer des conclusions sur la valeur relative de la chiropratique pour d’autres états cliniques.

·         Le risque de complications liées à l’ajustement chiropratique du bas du dos semble  très faible. Cependant, il semble plus élevé dans le cadre d’un ajustement cervical.

·         Il est important de tenir informés tous vos prestataires de soins de santé dès lors que vous suivez ou envisagez un traitement, quel qu’il soit, et cela vaut aussi pour la chiropratique. Ainsi, chaque prestataire peut s’assurer que les différentes approches d’un traitement sont compatibles.

1.      Qu’est-ce que la chiropratique ?

Le terme vient du grec cheir (la main) et praxis (la pratique), et désigne donc un soin prodigué « par la main ». Il s’agit d’une médecine alternative, et son approche du diagnostic, de la classification et du traitement des problèmes de santé est différente de celle de la médecine conventionnelle (voir encadré).

On peut décrire les concepts à la base de la chiropratique comme suit :

·         Le corps dispose d’une puissante capacité à s’auto-soigner.

·         Sa structure (essentiellement la colonne vertébrale) et sa fonction sont intimement liées, et cette relation a un impact sur la santé.

·         On a recours à la chiropratique dans le but de normaliser cette relation structure /fonction et d’assister le corps dans son processus de guérison.

2. Quand et comment la chiropratique a-t-elle été découverte puis utilisée ?

Il s’agit d’une forme de manipulation de la colonne vertébrale, constituant l’une des plus anciennes pratiques thérapeutiques ; la manipulation spinale a été décrite par Hippocrate dans la Grèce antique (1-3). La profession moderne de chiropraticien fut fondée en 1895 par Daniel David Palmer à Davenport dans l’Iowa. C’était un guérisseur autodidacte qui étudiait les philosophies médicales de son époque. Il s’aperçut de la capacité naturelle du corps à guérir, capacité contrôlée, croyait-il, par le système nerveux. Il pensait également que des subluxations, ou désalignements vertébraux (un concept qui existait alors déjà dans la tradition des rebouteux et des ostéopathes) venaient interrompre ou parasiter ce « flux nerveux ». Palmer suggéra que si un organe n’est plus ravitaillé par les impulsions nerveuses, il peut devenir malade. C’est cette ligne de pensée qui le poussa à développer une procédure destinée « ajuster » les vertèbres, les os de la colonne vertébrale, dans le but de corriger les subluxations.

Certains chiropraticiens considèrent encore la subluxation comme centrale dans le traitement chiropratique (2). Toutefois, les autres ne voient plus aujourd’hui la théorie de la subluxation comme thème universel de la bonne santé et de la maladie, ni comme base de leur pratique. D’autres théories relatives à la démarche chiropratique ont été développées.

2.      Qui a recours à la chiropratique ? Pour quels problèmes ?

En 1997, on estimait à presque 192 millions le nombre annuel de visites d’Américains chez le chiropraticien (4). Plus de 88 millions de ces visites étaient motivées par une douleur dorsale ou cervicale (5). Une étude récente montre que plus de 40% des patients recevant des soins chiropratiques sont traités pour des problèmes dorsaux ou lombaires (6). Plus de la moitié d’entre eux a dit connaître des symptômes chroniques. Parmi les problèmes couramment traités par les chiropraticiens figurent le mal de dos, et les douleurs cervicales, maux de têtes, blessures sportives et élongations à répétition. Mais d’autres problèmes poussent les patients à solliciter des soins contre la douleur, comme l’arthrite (7).

La lombalgie est une pathologie courante, qui touche chaque année jusqu’à un quart de la population. La plupart des gens fait au moins une fois dans sa vie l’expérience d’une lombalgie significative (8). Plusieurs études récentes ont montré que dans la plupart des cas, une crise aigüe se dissipe en quelques semaines, peu importe le traitement (8-10). Souvent, la cause en est inconnue, et la manière dont le mal est perçu, d’une part, et d’autre part dont il est diagnostiqué, varient du tout au tout (11), ce qui fait de son étude un vrai défi.

Dans quels cas solliciter des soins

L’AHRQ (Agency for Healthcare Research and Quality, une branche du ministère de la santé américain) a recensé 11 « messages d’alerte » qu’il revient aux médecins de déceler à l’examen d’une personne atteinte de lombalgie. Ces symptômes permettent de détecter les fractures, les infections ou même les tumeurs qui touchent la colonne vertébrale. Si l’un de ces messages accompagne votre lombalgie, consultez votre médecin au plus vite pour un examen complet :
• Un traumatisme sérieux récent, tel qu’une une chute importante, un accident de la route ou tout autre incident de cet ordre.
• Un traumatisme récent plus léger chez une personne âgée de plus de 50 ans, comme une chute de quelques marches ou une glissade avec chute sur les fesses.
• Une prise prolongée de stéroïdes par le passé ; ils sont fréquemment prescrits aux personnes souffrant d’asthme, de bronchites chroniques et de problèmes rhumatologiques.
• Tout antécédent d’ostéoporose : par exemple, une femme âgée avec des antécédents de fracture de la hanche est considérée comme sujet à risque élevé.
• L’âge : partir de 70 ans, les cancers, infections et douleurs d’origine abdominale sont plus fréquents
• Des antécédents cancéreux
• Des antécédents infectieux récents
• Une fièvre supérieure à 37,8°C
• La prise de drogues par intraveineuse : c’est un comportement à haut risque de complications infectieuses.
• Une perte de poids inexpliquée.
Face à l’une de ces alertes, une consultation aux urgences hospitalières s’impose, d’autant plus si vous ne pouvez voir votre médecin de famille dans les 24h.
• Un dysfonctionnement nerveux aigu, quel qu’il soit, doit aussi motiver une consultation immédiate. Par exemple, en cas d’incapacité de marcher ou de lever et baisser le pied au moyen de la cheville. De même pour l’incapacité de lever le gros orteil, marcher sur les talons ou se tenir sur la pointe des pieds, ce qui peut être signe d’endommagement ou de compression aigus d’un nerf. Dans certaines circonstances, il peut s’agir d’une urgence nécessitant une intervention neurochirurgicale immédiate.
• Une perte du contrôle intestinal ou vésical, comme une difficulté à déclencher ou stopper le flux urinaire, ou encore une incontinence, peut signaler une situation très préoccupante et justifie une consultation aux urgences dans les plus brefs délais.
• Si la prise du traitement prescrit ne calme pas la douleur, n’hésitez pas à vous présenter aux urgences. En général, l’intervention du médecin prescripteur qui vous suit pour ce problème permet une meilleure résolution de la situation.

Examens et analyses
Antécédents médicaux
• En raison de la multiplicité des causes potentielles du mal de dos, la personne qui vous examinera procédera à interrogatoire afin de retracer l’historique complet du mal. Si certaines questions peuvent paraître anodines, elles seront néanmoins très utiles à votre médecin pour déterminer l’origine de votre douleur.
• En premier lieu, le médecin vous posera de nombreuses questions relatives à l’apparition de votre mal : est-il survenu alors que vous souleviez un objet lourd ? La douleur fut-elle immédiate, ou s’est-elle accentuée peu à peu ? Il cherchera à connaître ce qui apaise votre douleur, ce qui l’augmente. Nombre de questions feront écho aux « messages d’alerte » évoqués plus haut. Par exemple, il vous demandera si vous avez déjà ressenti cette douleur auparavant, si elle s’accompagne de problèmes et symptômes tels qu’une toux, de la fièvre, des difficultés à uriner ou des maux de ventre. Chez une femme, il se renseignera sur d’éventuels saignements, crampes ou pertes au niveau du vagin: dans de telles situations, les douleurs pelviennes se font fréquemment ressentir dans le dos.
L’examen physique
• Afin de vous examiner au mieux, on vous demandera d’enfiler une blouse. Le praticien vous fera marcher sur les talons, la pointe et la plante des pieds pour repérer d’éventuelles lésions nerveuses. On testera vos réflexes à l’aide d’un petit marteau, généralement sur le genou et l’arrière de la cheville. Couché sur le dos, on vous fera lever une jambe puis l’autre, d’abord avec l’aide du médecin, puis sans. Cela sert à évaluer l’état des nerfs et de la force musculaire, et à déceler une éventuelle tension du nerf sciatique. On teste habituellement la sensitivité au moyen d’une aiguille, d’un trombone, d’un abaisse-langue cassé ou tout autre objet pointu, afin de déceler la moindre perte de sensation au niveau des jambes.
• En fonction de son pronostic sur l’origine de votre problème, le médecin peut ensuite procéder à un examen abdominal, pelvien ou rectal. Leur but est de vérifier si vous êtes atteint d’une maladie qui projetterait la douleur dans votre dos. Les nerfs situés au bas de la moelle épinière desservent les zones sensorielles ainsi que les muscles du rectum ; leur endommagement peut donc conduire à une incapacité de contrôler la miction et la défécation. C’est pourquoi un examen rectal est nécessaire afin de s’assurer que les nerfs ne sont pas endommagés dans cette partie du corps.
L’imagerie médicale
• Les médecins disposent de toute une batterie de tests permettant d’examiner le patient « de l’intérieur » et se faire une idée de la cause d’un mal de dos. Aucun test n’est infaillible isolément, dans la mesure où il ne peut garantir seul la présence ou non d’une maladie à 100%.
• La littérature médicale est très claire sur ce point : en l’absence de messages d’alerte, l’intérêt de l’imagerie pour un cas de mal de dos aigu est très limité. Comme, dans 90% des cas, l’état du patient s’améliore dans les 30 jours suivant l’apparition de la douleur, la plupart des spécialistes n’ordonnera pas ces tests dans le cadre de l’examen courant d’une lombalgie aigüe sans complication.
• On considère en général qu’une simple radiographie est inutile pour évaluer une douleur dorsale, surtout dans les 30 premiers jours. En l’absence de messages d’alerte, son usage n’est pas préconisé. On l’utilise davantage en cas de traumatisme important, ou même léger chez une personne de plus de 50 ans, chez les personnes atteintes d’ostéoporose et celles qui ont pris des stéroïdes de manière prolongée. Ne vous attendez donc pas à une radiographie.
• Le myélogramme est une analyse par rayons X au cours de laquelle on injecte directement dans le canal de l’épendyme un colorant réagissant à la radiographie. Son utilisation a reculé de manière significative depuis l’apparition de l’IRM. De nos jours, on associe généralement ce procédé à un tomodensitogramme, et encore, seulement dans des cas très particuliers où la chirurgie est envisagée.
• L’imagerie par résonnance magnétique (IRM) est un examen très sophistiqué, et donc très cher. Il n’utilise pas les rayons X pour produire des images, mais des aimants très puissants. Son usage courant n’est pas encouragé pour une douleur dorsale aigüe, à moins qu’il faille recourir rapidement à la chirurgie, comme c’est le cas avec le syndrome de la queue de cheval ou en présence de messages d’alerte suggérant une infection du canal de l’épendyme ou des os, une tumeur ou encore une fracture.
o L’IRM est aussi indiqué si au bout d’un mois les symptômes sont toujours là, afin d’écarter la possibilité de problèmes sous-jacents plus graves.
o Par ailleurs, l’IRM n’est pas inoffensif ; on recense une saillie des disques sur 40% des personnes non atteintes de lombalgie ayant subi un IRM. D’autres études montrent que 20% des disques fissurés repérés au cours d’une opération ne le sont pas par l’IRM.
• Le tomodensitogramme utilise les rayons X pour obtenir une coupe transversale du corps. Son utilisation est très semblable à celle de l’IRM.
Analyses neurologiques
• L’électromyogramme, ou EMG, implique la pose de minuscules aiguilles dans les muscles, afin d’en étudier les courants électriques. Son usage est surtout réservé aux cas de douleurs chroniques, pour évaluer le niveau d’endommagement des racines nerveuses. Il permet aussi au médecin de faire la différence entre l’affection d’une racine nerveuse et celle d’un muscle.

La chirurgie contre les douleurs dorsales

Peut-être craignez-vous de devoir passer par la chirurgie du dos, mais en réalité, seuls 5% de la population nécessitent une opération pour traiter un problème dorsal. Votre douleur est peut-être intense mais la plupart des problèmes de muscles tendus ou froissés ne requièrent pas d’opération chirurgicale. Celles-ci sont réservées aux cas les plus graves de douleurs dorsales (pincement de la moelle épinière, déformation structurale, cas sérieux de sténose spinale).

Vous ne devriez envisager la chirurgie qu’après avoir essayé un traitement non chirurgical pendant plusieurs mois. De nombreuses procédures chirurgicales peuvent être pratiquées en utilisant des techniques peu invasives, c’est-à-dire en « ouvrant » moins le corps. Ces techniques impliquent des incisions plus petites, une hospitalisation plus courte, une douleur moins intense après l’opération et un rétablissement plus rapide.

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Parmi les chirurgies classiques de la colonne, on trouve :

La Facetectomie: Une procédure qui retire une partie de l’articulation zygapophysaire (une structure osseuse dans le canal rachidien) pour augmenter l’espace.

La Foraminotomie : Une procédure qui retire le foramen (la zone où les racines nerveuses quittent le canal rachidien) pour agrandir la voie nerveuse. Cette chirurgie peut-être pratiquée seule ou avec une laminotomie.

La Laminoplastie: Une procédure qui part de la nuque pour atteindre le rachis cervical (nuque), ensuite reconstruit pour laisser plus de place au canal rachidien.

La Laminotomie: Une procédure qui retire uniquement une petite portion de la lame vertébrale (une partie de la vertèbre) pour soulager la pression exercée sur les racines nerveuses.

La Microdiscectomie: Une procédure qui retire un disque par le biais d’une très petite incision faite à l’aide d’un microscope.

La Laminectomie Lombaire: Une procédure servant à traiter la sténose spinale en soulageant la pression exercée sur la moelle épinière. Une partie de la lame vertébrale (une partie d’une vertèbre) est retirée ou taillée pour élargir le canal rachidien et donner plus de place aux nerfs spinaux.

Si votre docteur vous recommande la chirurgie, demandez-lui toujours l’objectif de l’opération, les résulats auxquels vous pouvez vous attendre et les complications possibles. N’hésitez pas à demander une seconde opinion si on vous suggère une opération chirurgicale du dos, c’est votre droit. Votre docteur vous adressera à un spécialiste qui examinera à son tour votre problème.

Symptômes

Le premier symptôme d’une lombalgie est une douleur ressentie dans la zone lombosacrée (c’est-à-dire dans le bas du dos).
• La douleur peut aussi bien se diffuser sur l’avant, le côté ou l’arrière de la jambe, que rester confinée au bas du dos.
• Elle peut s’intensifier en fonction de l’activité.
• Parfois, elle empire de nuit ou suite à une position assise prolongée, comme dans le cas d’un long trajet en voiture.
• Un engourdissement ou un affaiblissement de la partie de la jambe alimentée par un nerf compressé est possible.
o Un exemple : l’incapacité d’effectuer une flexion plantaire, c’est-à-dire ne pas pouvoir se tenir sur la pointe des pieds, ni abaisser le pied. C’est le cas lorsque le premier nerf sacral est compressé ou endommagé.
o Autre exemple : l’incapacité de lever le gros orteil, qui survient quand le cinquième nerf lombaire est touché.

Le mal de dos

Le mal de dos, ou plus précisément de rein, aussi appelé lombalgie, est un mal répandu, qui touche jusqu’à 90% des Américains au cours de leur vie. La moitié d’entre eux seront même touchés plus d’une fois. La lombalgie n’est pas une affection spécifique, mais plutôt un symptôme dont les causes peuvent être variées. Dans 85% des cas de lombalgie, on ne découvre pas ce qui cause la douleur, malgré un examen médical approfondi.

  • Le mal de dos est la seconde cause d’arrêt de travail, derrière le rhume. C’est aussi l’une des premières raisons de se rendre chez le médecin ou aux urgences.
  • Chez 90% des gens, même en cas d’irritation d’une racine nerveuse, les symptômes s’estompent dans les 2 mois, quel que soit le traitement (et même sans traitement).
  • Les médecins qualifient généralement la lombalgie d’aigüe si elle dure moins d’un mois, et de chronique si elle s’étend sur une période plus longue.